Elle tourne la petite musique. En boucle même. Celle de la neutralité carbone, promise par le gouvernement pour 2050 en France. "Attendez, se déplacer rien que pour aller chercher une baguette c'est consommer une quantité énorme d'énergie carbonée !", balaye Benoît Trouvé. Ne pas s'y tromper : le fondateur de l'entreprise angoumoisine Midipile croit bien en la mobilité décarbonée, "mais je ne vois pas comment, avec des innovations toujours plus coûteuses, on va diminuer les inégalités. La technologie à elle seule ne nous sauvera pas sur ce coup-là", recharge-t-il, plaidant pour aussi modifier et rendre accessibles nos usages en matière de mobilités.
C'est pour cette raison que le véhicule prototype sorti des ateliers de Saint-Michel, à quelques kilomètres d'Angoulême, ce jeudi 9 décembre se veut minimaliste. Une cabine conducteur, des panneaux solaires, un capot, une mini-benne à l'arrière, des batteries, le tout monté sur quatre roues pour un poids affiché à 100 kilos pile-poil avec un coût de production unitaire qui doit descendre, à terme, à 4.000 euros. Et l'essentiel : le prototype, d'une autonomie de 250 kilomètres, constitue un moyen de déplacement à l'usage neutre en carbone. Ça allait sans dire.
Mais comment avance-t-on ? Grâce à un système de pédalage qui actionne les batteries, elles-mêmes alimentées par les panneaux solaires et qui vont propulser l'engin de Midipile jusqu'à 45km/h, s'il obtient l'homologation pour circuler sur la route. Le tout bien assis dans la cabine, façon automobiliste. "La forme d'un véhicule motorisé, avec le fonctionnement d'un vélo électrique", relie Benoît Trouvé. Dans son équipe d'une dizaine de forces vives, dont cinq sont salariés, tous échouent à qualifier l'engin roulant dans une catégorie de véhicule ou l'autre. Mais tous savent à quoi il va servir.