"L'équilibre économique, ce n'est pas ce qu'on cherche. On veut créer de l'innovation à fond !" Comme pour beaucoup de jeunes pousses qui portent des technologies de rupture, la rentabilité de Gouach n'est pas encore au programme. La motivation, elle, est sincère et l'esprit, artisanal. Mais surtout, la batterie réparable en dix minutes pourrait trouver sa place sur le marché de la mobilité électrique. En tout cas, les investisseurs de cette première levée de fonds y croient et ont investi au total 3,3 millions d'euros pour s'octroyer environ 20 % du capital de l'entreprise créée en 2019 à Bordeaux. Ils sont deux : le fonds d'investissements Breega pour moitié, et Bruno Bouygues avec l'entreprise Gys. Bpifrance et la région Nouvelle-Aquitaine complètent avec, respectivement, un emprunt d'un million d'euros et une subvention de 200.000 euros.
Un tout premier tour de table que Gouach aurait pu mobiliser pour se lancer plein fer dans la commercialisation. Mais les ingénieurs, et le fondateur Alexandre Valette en tête, aiment trop bricoler les cellules de lithium dans leur atelier pour ça. "Notre structure est fragile, reconnaît-il. Mais on doit aller vite pour pousser notre technologie et ensuite capter le marché. Ce n'est pas un business classique mais vraiment une course."
Dans leurs tous nouveaux bureaux-ateliers, à deux pas de l'Hôtel de ville de Bordeaux, où ils ont emménagé début 2022, une partie des quinze salariés s'active à tester, pour les vélos, scooters ou trottinettes en libre-service, des prototypes de batteries. Leur particularité ? Être réparables en dix minutes, là où il faut deux heures pour une batterie classique. Prouesse brevetée. Un gain d'efficacité énorme qui ouvre la voie à un système de réemploi pour ces boitiers au lithium, lourds en matières premières et, pour l'heure, peu durables.