Photobioréacteurs. Ces équipements, appelés à se multiplier dans les années qui viennent pour contribuer à l'indispensable décarbonation de nos économies, restent encore bien nébuleux pour le grand public. "Pour visualiser à quoi ressemblent nos photobioréacteurs, la meilleure image c'est un conteneur rempli d'eau. Dans ce bassin, on apporte la souche d'une microalgue et les trois besoins nécessaires à sa croissance et à la réaction de photosynthèse : de la lumière, du CO2 provenant d'un industriel et des nutriments", simplifie Guillaume Charpy, le CEO de CarbonWorks, interrogé par La Tribune.
Aussi passionné que clair dans ses explications, il résume : "Finalement, on reproduit la réaction naturelle de photosynthèse mais de manière intensive en optimisant la croissance et la productivité des microalgues". Car ce sont bien ces microalgues qui sont au coeur de ce processus de capture, stockage et valorisation du CO2. D'où la filiation de CarbonWorks, co-entreprise créée mi-2021 par la biotech girondine Fermentalg, spécialiste des microalgues avec 2.300 variétés en magasin, et le groupe Suez, qui apporte son expertise en matière d'hydraulique et d'ingénierie.
Déjà doté d'un premier photobioréacteur prototype de 10 m3 depuis l'automne 2021, à Cestas, en Gironde, l'entreprise d'une dizaine de collaborateurs vient de boucler un tour de table de onze millions d'euros auprès de plusieurs investisseurs. A l'issue de cette opération, Suez et Fermentalg conservent autour des deux tiers du capital tandis que le reste est détenu par les nouveaux entrants : BNP Paribas Principal Investments, Bpifrance, Demeter Investment Managers via son fonds Agrinnovation et Aquiti Gestion via Naco en association avec la Région Nouvelle-Aquitaine.