Comment Dishop bouscule le modèle de la livraison à domicile pour prendre le contrepied des plateformes

Laurence Bottero
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C'est peu dire que la livraison de repas à domicile a connu une croissance fulgurante en deux ans. Avec un marché estimé à 5 milliards d'euros, porté par une croissance annuelle de 47%, il devrait doubler pour atteindre 10 milliards d'euros d'ici 2024. C'est-à-dire demain. Il faut dire qu'une autre donnée est significative : celle des 60% de Français ayant intégré ce type de livraison dans leur quotidien.
Si la crise sanitaire et les confinements ont favorisé grandement la digitalisation de la restauration, la livraison s'effectue par deux biais : le click and collect - qui a énormément progressé durant la période Covid - et la livraison à domicile. La demande en ligne - via les plateformes telles UberEats ou Deliveroo ont largement bénéficié du phénomène.
Mais sur ce segment de la livraison, tout n'est pas égal et tout ne représente pas la même valeur pour l'établissement de restauration. « La solution click and collect représente moins de 5% du chiffre d'affaires de la restauration rapide », avance Nicolas Zantour. Un sujet que cet ingénieur connaît bien. Car Dishop, la startup qu'il crée fin 2019 à Nice avec deux associés issus de la même école et avec lesquels il a déjà mené des projets entreprenariaux, visait déjà à apporter une solution de digitalisation différente des business-modèles existants. Mais la crise sanitaire arrive et reporte le lancement commercial. Un laps de temps qui est cependant utilisé pour peaufiner encore le modèle. « Nous avons effectué beaucoup de développement informatique. Nos premiers clients nous ont permis d'apprendre énormément sur les méthodes de consommation. 2020 a donc été une année de très fort apprentissage ».
Dishop qui s'intéresse donc au segment de la livraison à domicile, lequel constitue un enjeu fort de la restauration et une part de chiffre d'affaires de l'ordre de 30% à 70% pour les établissements. Sauf que, si la livraison est en pleine croissance, c'est bien la façon dont elle s'organise que Dishop vient bousculer. Ainsi les plateformes appliquent un taux de commission assez élevé - de l'ordre de 30% dit Nicolas Zantour - ce qui « apporte de l'argent mais pas de chiffre d'affaires. De la même façon, l'établissement de restauration n'a accès à aucune data sur le long terme, il ne peut donc fidéliser sa clientèle ou s'adresser à elle de façon personnalisée ». Sans oublier la qualité du service fourni par le livreur - un livreur indépendant, qui n'est pas forcément à l'image du restaurant - et les conditions de travail de ce même livreur. « Lorsqu'un restaurant est présent sur une plateforme, il ne peut pas jouer sur son image », note encore Nicolas Zantour.
Laurence Bottero