Oncophysics veut poser les prémices d'une innovation de rupture contre le cancer
Maëva Gardet-Pizzo
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Et si la physique pouvait aider à soigner des cancers ? C'est le pari d'Oncophysics, startup créée fin 2022 par Barthélémy Brossel, ancien journaliste qui a fait le choix de poursuivre et de valoriser les travaux son père médecin-oncologue. « Mon père avait flairé assez tôt que la pression mécanique exercée sur des tissus, cancéreux notamment, pouvait en modifier le comportement ». Quelques articles de la littérature scientifique en font en effet état depuis le début des années 2000.
Plus une tumeur se développe, plus la pression exercée sur la matrice extracellulaire des cellules cancéreuses - sorte de peau rigide qui les enveloppe et par laquelle passent les vaisseaux sanguins - est forte, plus le risque de métastase, c'est-à-dire de diffusion du cancer vers d'autres organes, est important. L'idée est alors d'intervenir pour inhiber cette pression. Ce, au moyen de nanoparticules aimantables que l'on parvient à fixer au niveau de la matrice extracellulaire, formant « une résille de fer » autour d'elle. Grâce au magnétisme de ces aimants, on peut - de manière très fine - ajuster le niveau de pression et, possiblement, modifier le comportement de la tumeur. À savoir réduire sa taille ou la maintenir en dormance, limitant ainsi le risque de métastase.
Une solution qui pourrait, a priori, est utilisée dans « tous les cancers solides », non métastatiques. Mais l'entreprise pense à trois cancers en particulier. Le cancer du pancréas, le plus létal, accompagné « d'une fibrose très importante, avec un gros enjeu d'accumulation de pression dans les tumeurs, qui métastase très vite ». Le cancer du sein, ou encore celui de la prostate, qui touche en majorité des hommes âgés et dont l'intervention chirurgicale et souvent plus mortelle que la maladie elle-même. D'où l'intérêt de mettre la tumeur « en dormance ».
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Un process
accompagné par Marseille Innovation, et soutenu par quelques business angels et peut-être bientôt par Bpifrance. «
Nous discutons avec eux. On vise le label Deeptech. Sinon, on pourrait regarder du côté des fonds européens
».
Maëva Gardet-Pizzo