« Un quart d'électricité, un quart de gaz et la moitié, du carburant : c'est aujourd'hui la consommation énergétique de l'Occitanie. Il y a urgence à décarboner ! », entonne Sylvain Panas, directeur régional Occitanie de TotalEnergies. C'est en effet ce à quoi s'est attelée la région Occitanie, en se dotant il y a cinq ans d'une stratégie ambitieuse pour devenir « à énergie positive » à l'horizon 2050, puis en multipliant les initiatives pour atteindre la neutralité carbone ainsi que la souveraineté énergétique.
« La région Occitanie est d'ores et déjà auto-suffisante en termes de production d'électricité », nuance Damien Notin, délégué territorial d'EDF Occitanie. « Elle bénéficie d'installations de premier plan, avec une centrale nucléaire qui va produire plus de 50 % de ses besoins, des centrales hydrauliques partout sur le territoire occitan pour 35 %, le reste étant les énergies renouvelables, le solaire et l'éolien. » La question est surtout comment accompagner la société, les filières industrielles, le transport et le résidentiel vers la sortie des énergies fossiles, en électrifiant notamment les usages et les process.
L'enjeu est de taille, et l'équation, complexe. Pour amplifier la part de l'électricité dans le mix énergétique, il faudra en effet appuyer sur plusieurs leviers. D'abord, celui de la sobriété énergétique. « Il va falloir consommer toujours moins pour maîtriser un tant soit peu cette demande d'électricité qui sera de plus en plus forte », analyse Damien Notin. Poursuivre le développement des énergies renouvelables, ensuite, avec, par exemple, l'éolien offshore. De même, relever le pari de passer des chaudières au fioul à l'électricité et à la pompe à chaleur. Et en parallèle, investir massivement dans les technologies de rupture. Partenaire de la Région et de l'Ademe dans le cadre d'un projet baptisé Flexitanie, EDF planche ainsi sur les bornes de recharge « Vehicule to Grid » (V2G), où le véhicule électrique devient de fait une batterie virtuelle pour le réseau.