Okomera-CRCM : une alliance publique-privée contre le cancer
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Au CRCM, les jumeaux cliniques de cellules cancéreuses (ou organoïdes) permettent de personnaliser les traitements et de tester de nouvelles molécules
DR
Pour combattre le cancer, la modélisation est un enjeu majeur. Un enjeu qui est au cœur du partenariat que viennent de nouer une équipe de chercheurs du Centre de recherche en cancérologie de Marseille et l'entreprise parisienne Okomera. À la clé : une modélisation personnalisée et miniaturisée des cellules cancéreuses. En vue : une meilleure personnalisation des traitements et l'accélération de la recherche de nouvelles molécules thérapeutiques.
Plus la recherche avance, plus elle nous apprend combien le cancer est une maladie complexe. Le cancer, ou plutôt devrait-on dire « les cancers », tant il existe de formes différentes en fonction des organes concernés, des évolutions observées et même des patients touchés, de leur génome et des caractéristiques de leur système immunitaire.
C'est cette complexité que tentent de prendre en compte les nouvelles thérapies, notamment celles liées à l'immunologie. Sauf que là encore, beaucoup reste à découvrir. Car si les immunothérapies peuvent s'avérer très efficaces, elles ne le sont encore que sur un tiers des patients, sans que l'on comprenne très bien pourquoi.
Pour comprendre, il faut tester. Et pour cela, la modélisation est un enjeu majeur qui permet d'identifier, parmi la batterie de traitements disponibles, lequel fonctionnera sur un patient donné, à un moment donné. Mais comment reproduire la complexité d'une tumeur dans son environnement biologique ?
Modélisation 3D
À Marseille, une équipe du Centre de recherche en cancérologie (CRCM) a mis en place une plateforme technologique (3D HubO) qui lui permet d'utiliser depuis plusieurs années de la modélisation en trois dimensions. Cette technique lui permet, à partir de biopsies, de reproduire presque à l'identique des tumeurs. Sortes de jumeaux cliniques - on parle aussi d'organoïdes - sur lesquels divers traitements peuvent être testés.
« Mais nos process nécessitent beaucoup de travail manuel et ne sont pas bien standardisés, ce qui limite nos capacités à aller jusqu'à des études cliniques », observe Géraldine Guasch, à la fois directrice de recherche à l'Inserm et directrice scientifique de la plateforme 3D HubO.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Or il se trouve qu'à Paris, une start-up propose justement de répondre à ces limites. Dénommée Okomera, celle-ci encapsule des cellules cancéreuses (issues de biopsies) dans de microscopiques gouttelettes et les stabilise grâce à sa maîtrise des fluides. De quoi offrir des modèles qu'il est possible de reproduire en dizaines voire centaines de milliers d'exemplaires afin de réaliser simultanément de très nombreux tests. De façon standardisée et automatisée.