Avec Skin Excellence, la santé de la peau s’organise en filière
Gaëlle Cloarec
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La peau, cet organe mal-aimé ? « Mal-aimé, je ne sais pas, sous-estimé, assurément, relève Emilie Royère. À l'exception du mélanome, la dermatologie a une image de petite maladie. Même le vitiligo, médiatisé par Edouard Philippe, n'apparaît pas comme une problématique d'importance et de santé publique. Or, à l'heure des réseaux sociaux et de la puissance de l'image, l'impact psychologique lié à ces maladies prend aujourd'hui une ampleur inédite. » Directrice du pôle de compétitivité Eurobiomed, présent en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Occitanie, elle porte, avec le Professeur Thierry Passeron du CHU de Nice, Grand Prix Robert Debré pour la recherche médicale, et une poignée d'industriels, le projet Skin Excellence, qui vise à la création d'une filière de recherche, de développement et d'innovation dédiée à la santé de la peau. L'objectif : remettre cet organe, le plus grand du corps humain, au centre du jeu et, par la même occasion, l'excellence française en la matière, avec le grand Sud en porte-étendard.
Il faut dire que la santé de la peau a des arguments pour convaincre. Le marché d'abord. Selon Xerfi, celui-ci représentait 32 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2021 et devrait croître annuellement de 8,5% en moyenne jusqu'en 2027. Les besoins ensuite, nombreux, de l'accès au soin, très compliqué, qui nécessite de trouver de nouveaux parcours de santé, notamment numériques, à la croissance des maladies dermatologiques corrélées au vieillissement de la population. Sans oublier, on l'a vu, leur impact social et sociétal. Au total, « on estime entre 10 et 20% des personnes dans le monde qui vont souffrir de maladies inflammatoires chroniques cutanées », avance le Pr Thierry Passeron.
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Quant aux forces en présence enfin, cartographiées par Eurobiomed, elles dévoilent un paysage très vaste, représentatif de toute la chaîne de valeur, entre recherche fondamentale, cliniciens, entreprises de services, biotechs et grands groupes, Pierre Fabre et Sanofi en tête. Et Emilie Royère de lister : « Du côté de Nice, on trouve un gros tissu de travaux académiques menés par une kyrielle d'instituts tels l'Inserm, le CNRS, l'Université Côte d'Azur, ainsi qu'une forte implantation d'entreprises historiques et de spin-off. Vers Toulouse, on est plus sur une activité en dermato-cosmétique poussée par les laboratoires Pierre Fabre. Et à Marseille, ce sont les acteurs de l'immunologie qui priment, laquelle s'applique aussi à la dermatologie. » Soit plus de 80 organisations qui développent des produits et services directement liés aux maladies de la peau, qu'il s'agisse de solutions nouvelles de diagnostic ou thérapeutiques.
Gaëlle Cloarec