Le spécialiste français de la plongée a conçu un détendeur électronique connecté, qui fournit en temps réel des données clés sur la respiration, la pression et la position. Un outil qui séduit autant le marché du loisir que celui du militaire.C'est un peu l'histoire qui se répète : lorsque Aqualung est créée en 1943, elle a pour co-fondateur et premier président, Jacques-Yves Cousteau. Avec un ingénieur d'Air Liquide, ils inventent le détendeur, ce mécanisme qui permet de respirer l'air contenu sous très haute pression dans une bouteille, s'exonérant ainsi du scaphandrier, bien trop encombrant.
Près de 80 ans plus tard, ce même détendeur devient électronique et connecté. Baptisé Aquasense, issu de quatre années de R&D et ayant mobilisé un peu moins de 10 millions d'euros d'investissement, il est désormais capable de fournir des indicateurs sur la respiration, la position de plongée ou encore la pression en temps réel. Des données qui sont reliées à l'ordinateur de plongée et à l'application dédiée avec surtout la possibilité de pouvoir communiquer entre plongeurs et avec la surface. Une innovation pour le secteur, très disputé, qui vise le marché mondial du loisir et les 6 millions de plongeurs actifs.
La data pour faire évoluer les connaissances
Mais l'autre cible intéressée est le marché militaire. Un marché que connaît déjà Aqualung puisqu'elle fournit l'armée française et qui représente 30% de son chiffre d'affaires. Une part que l'entreprise française, dont le siège est basé à Sophia-Antipolis, souhaite faire progresser à 50% rapidement, ainsi que l'indique Fabrice Gregori, directeur général adjoint, en charge de l'innovation. Cet ancien directeur de la R&D au sein d'Air Liquide Medical Systems arrive chez Aqualung en 2020 avec comme feuille de route, le développement d'Aquasense. Sa connaissance du système respiratoire est évidemment un atout. De fait, six brevets sont en cours de dépôt.
Car Aquasense a également permis de « développer notre propre réseau de communication sans fil », explique Fabrice Gregori. Et la data, « doit nous permettre de faire évoluer la connaissance sur la plongée mais aussi sur les fonds marins. Les plongeurs sont les premiers à se rendre compte des conséquences du réchauffement de la température de la mer, de l'érosion du trait de côte ou de la montée des eaux ».