Le 17 janvier dernier, SpaceX perdait le deuxième étage de sa fusée Starship, douloureuse leçon d'humilité pour l'entreprise d'Elon Musk... A des années-lumière, le Centre spatial de l'Université de Montpellier (CSMU), spécialisé dans le développement et le lancement de nanosatellites académiques, travaille dans l'ombre. Depuis sa création en 2011, pas moins de dix nanosatellites ont été mis en orbite, dont les cinq derniers en l'espace de treize mois. Des missions réalisées en end-to-end (de l'étude à la fabrication du satellite, jusqu'aux opérations en vol avec mise à disposition des données auprès de l'opérateur final). « Nous sommes une agence spatiale bonsaï », aime dire Laurent Dusseau, directeur du CSMU.
Soutenu par la fondation Van Allen et ses membres fondateurs (3D Plus, Airbus Défense & Space et Expleo), la plateforme technologique vient de franchir une étape en devenant une unité d'appui et de recherche (UAR) de l'Université de Montpellier.
Fer de lance du CSMU, Robusta 3A, premier nanosatellite 3U (3 unités) mis en orbite l'été dernier, est enfin opérationnel, après plusieurs tentatives de pilotage et de stabilisation. Il doit permettre de collecter des données sur la quantité de vapeur d'eau au-dessus de la Méditerranée puis les transmettre aux partenaires de la mission, Météo France et l'IGN, pour améliorer la prédiction des épisodes cévenols, « en fournissant en moins d'une heure, des indications précises sur les risques et leurs localisations », se félicite Jean-Claude Gayssot, ancien ministre, président de la Fondation Van Allen. D'ici quelques jours, des balises vont être embarquées sur des bateaux partant du port de Sète. Le projet, à 2,5 millions d'euros, va être testé au printemps pour être prêt à l'automne.