Médecins généralistes, pharmaciens, naturopathes… Ils sont de plus en plus nombreux à s’intéresser aux thérapies non médicamenteuses en complément de la médecine conventionnelle. Près de Montpellier, Kalya lance Kalya Pro, un outil d’aide à la décision qui leur donne accès en quelques clics à des données analysées et exploitables issues la littérature scientifique mondiale sur ces médecines complémentaires et alternatives.Les planètes s'alignent. Chez les patients comme chez les médecins, l'intérêt pour les thérapies non médicamenteuses est croissant. Et la technologie développée par la startup héraultaise Kalya (Saint-Clément-de-Rivière, près de Montpellier), qui est désormais accessible aux praticiens, tombe à point nommé.
Les thérapies non médicamenteuses, qui peuvent être psychologiques, physiques, nutritionnelles ou numériques, viennent en complément des traitements médicamenteux et/ou chirurgicaux, dans l'objectif d'améliorer la qualité de vie et le bien-être des patients.
« Dans le grand public, ces médecines complémentaires et alternatives prennent une place de plus en plus importante, même si ce n'est pas toujours fondé,observe le président et cofondateur de Kalya, Jean-Marc Durand. Et les médecins s'y intéressent de plus en plus, notamment parce qu'ils sont sollicités par leurs patients. D'ailleurs, une société savante vient d'être créée, la Non-Pharmacological Intervention Society (NPIS, ndlr) dont le siège est à Montpelier, avec pour objectif de structurer le champ de la recherche sur ce sujet... On arrive dans un moment où cet écosystème se structure. Il existe des pratiques ésotériques qui ne fonctionnent pas et l'intérêt de notre outil est d'apporter une vision plus claire sur cette nébuleuse. »
Tampon scientifique
Cet outil ? Une première plate-forme numérique baptisée Kalya Research et lancée il y a presque deux ans (en juin 2020), dont l'objectif est d'analyser la littérature scientifique mondiale sur les thérapies non médicamenteuses pour en évaluer les bénéfices et les risques, et fournir aux chercheurs de l'information scientifique exploitable sur ce sujet. Une façon d'apporter une sorte de tampon scientifique à ces techniques de soins fondées sur des preuves scientifiques, qui peuvent s'avérer de précieux compléments de la médecine conventionnelle, avec des bénéfices mesurables pour des pathologies précises.
Kalya Research, c'était, selon Jean-Marc Durand, la première brique de cet outil technologique dont l'algorithme, dopé à l'intelligence artificielle, collecte, sélectionne et analyse les millions d'études scientifiques mondiales publiées dans le champ des thérapies non médicamenteuses et pour différentes problématiques de santé (à ce jour, une trentaine analysée par Kalya).
« Par exemple, aujourd'hui, les chercheurs de l'Institut du cancer de Montpellier utilisent Kalya Researchpour accélérer leurs recherches car cette connaissance existe mais pas facilement accessible,indique Jean-Marc Durand. Grâce à l'intelligence artificielle, notre outil balaie beaucoup plus large qu'une simple recherche par mot-clé. »