La PME montpelliéraine CILcare, spécialisée dans le traitement des pathologies auditives, a bouclé un financement de 40 millions d’euros au total, qui va lui donner accès aux essais cliniques de phase 2 pour son candidat médicament principal, destiné à traiter des pertes auditives cachées.Spécialisée dans le traitement des pathologies auditives, la biotech montpelliéraine CILcare a annoncé, le 4 décembre, la clôture d'un cycle de financement d'un montant de 40 millions d'euros, dont 21 millions d'euros qui viennent d'être levés lors du dernier tour de table (associant de nouveaux investisseurs, le groupe pharmaceutique japonais Shionogi & Co et Sprim Global Investments, aux investisseurs historiques que sont Sofilaro, ARIS, Sud PME et UVM Health Capital).
L'opération vient ainsi compléter « un accord d'option exclusive sur licence (pour deux candidats médicaments visant à traiter les troubles de l'audition, NDLR) de 15 millions d'euros signé en mai dernier avec Shionogi - nous ouvrant à une éligibilité à recevoir jusqu'à 400 millions d'euros en paiements d'étapes lors du développement et de la commercialisation des candidats médicaments - et un financement de 4,2 millions d'euros de l'appel à projets "i-Démo" qui s'inscrit dans le programme France 2030 et dont nous avons été lauréat en juin », précise Célia Belline, P-dg de CILcare.
Déconnexion de synapses
Ce financement va permettre à CILcare (45 salariés), créée en 2014, de prendre un virage en accédant, en 2025, aux essais cliniques de phase 2, en Europe et aux États-Unis (la biotech détient une filiale à Boston), pour son candidat-médicament principal et le plus avancé, CIL001, ciblant la synaptopathie cochléaire. Sous-diagnostiquée et souvent qualifiée de « perte auditive cachée » car indétectable avec des audiogrammes standards, cette pathologie menace « plus d'un milliard de jeunes car aggravée par l'exposition au bruit, et affecte 10 à 15% des adultes dans le monde », explique la dirigeante.
Sans traitement, la condition progresse inévitablement vers une surdité.
« Cette pathologie n'a été décrite qu'en 2009, par Charles Liberman, de la Harvard Medical School, et quinze ans, c'est insuffisant pour avoir pu mettre au point un médicament,précise la dirigeante.Il a démontré qu'on pouvait avoir des difficultés d'audition tout en ayant un audiogramme normal en raison de la déconnexion de synapses etqu'une intervention médicale pharmacologique était possible car ces synapses ne meurent pas...Cilcare est actuellement la seule entreprise à concentrer ses efforts sur le développement de médicaments pour traiter cette pathologie auditive précoce. »
IA et machine-learning
En amont des essais qui vont démarrer, CILcare a identifié une prévalence élevée de synaptopathie cochléaire (près de 40%) chez des patients atteints de diabète de type 2. C'est donc sur cette population exposée (100 patients) que portera le premier essai, le second s'adressant à des patients atteints de troubles neurodégénératifs.