À Montpellier, IBM présente le potentiel du calcul quantique

L'architecture d'IBM en calcul quantique privilégie la connectique entre Qbits
IBM

L'architecture d'IBM en calcul quantique privilégie la connectique entre Qbits
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Quelque 140 acteurs économiques régionaux et nationaux, entrepreneurs ou chercheurs ont répondu à l'invitation d'IBM France pour assister, sur son site de Montpellier, à une présentation de l'offre disponible en calcul quantique visant à illustrer son potentiel économique. Le géant informatique dispose de 13 laboratoires (3 600 chercheurs) dans le monde, dont plusieurs unités dédiées à cette technologie disruptive, à Zurich et Almaden notamment.
Un état de l'art a été réalisé, en introduction, par la chercheuse (CNRS/UM) Isabelle Philippe, qui a rappelé qu'après une première vague constituée des technologies utilisant les lois qui régissent la mécanique quantique (lasers, transistors), une "vague 2.0" est en cours d'émergence : "Elle permet de prendre le contrôle des objets quantiques individuels qui sont d'une grande variété : atomes, ions, molécules mais aussi circuits électroniques quantiques", souligne-t-elle.
D'après Isabelle Philippe, le développement d'objets applicatifs dans ce domaine suit quatre axes possibles. Le premier est la communication quantique : profitant d'une loi de la mécanique quantique selon laquelle on ne peut pas prédire, maîtriser ou dupliquer un état aléatoire, une offre de cryptologie quantique est déjà en cours de commercialisation. "Les marchés visés sont les télécommunications sécurisées ou la génération et certification de nombres aléatoires pour la recherche", cite-t-elle.
Le deuxième axe concerne les capteurs quantiques, profitant de l'extrême sensibilité des objets quantiques aux perturbations extérieures (champs magnétiques, accélération, rotation, etc.). Isabelle Philippe note qu'une gamme de capteurs quantiques est déjà disponible pour la recherche, et que des transferts sont possibles à court terme vers l'industrie, notamment l'aéronautique, la défense, la géophysique, la métrologie industrielle...
Le quatrième et dernier axe, le calcul quantique, est la voie où IBM s'est engagé depuis 1998. C'est la date à laquelle le groupe a construit son premier Qbit (la plus petite unité de stockage d'information quantique), avant de lancer une filiale dédiée baptisée IBM Q.
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Depuis, IBM a construit trois machines à 20 Qbits, qui ont été mises à disposition de clients extérieurs à la mi-2017. Il produira une 4e machine, à 50 Qbits cette fois, d'ici la fin 2018.
Concrètement, IBM a créé un environnement utilisateur autour de son offre en calcul quantique, baptisée "QSIKit" (Quantum Software Information Kit) et déployée sur son cloud. Elle met à la disposition des entreprises inscrites des machines de 5 ou 10 Qbits, et un simulateur leur permettant de faire divers tests et calculs.
IBM privilégie des secteurs d'application tels que la chimie quantique, l'optimisation, la science des matériaux et la science du vivant. Sur les 75 000 utilisateurs déjà inscrits à l'offre d'IBM, la majorité des requêtes porte pour l'instant sur les deux premiers items.
Parmi les premiers industriels utilisateurs du calcul quantique figure Airbus. Le groupe travaille avec une start-up américaine, QC Ware, spécialiste de l'intégration d'environnements quantiques, pour déterminer quelle brique inclure en premier, et comment adapter sa stratégie HPC (calcul haute performance).
En 2008, l'ex-Conseil régional Languedoc-Roussillon avait initié une démarche avec IBM Montpellier pour démocratiser auprès des industries et des entreprises régionales l'allocation de ressource machine en matière de HPC. À travers ce colloque, la Région entend dupliquer la démarche pour le calcul quantique, et l'inscrit dans le cadre de son schéma régional d'innovation, adopté en 2017, "qui comprend sept axes prioritaires, dont les systèmes intelligents et la chaîne de la donnée numérique", rappelle la conseillère régionale Marie-Thérèse Mercier.
Parmi les groupes invités à cette journée de présentation figuraient Schlumberger, Gemalto, In Vivo, Royal Canin, etc.
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