En cinq ans, le marché de la publicité digitale en France a doublé de taille pour atteindre 9,3 milliards d'euros de revenus (données Statista), soit une croissance de 9% en 2023. Mais à eux seuls, les trois géants Google, Meta et Amazon ont capté 68% des budgets, le reste du marché de l'adtech étant très morcelé : hormis Criteo, Equativ et Teads, très peu d'entreprises françaises dépassent les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. Malgré des perspectives au ralenti (+8% attendus en 2024, selon le cabinet Oliver Wyman), le marché programmatique évolue.
« Le secteur de la tech ne veut pas mûrir, il reste très fragmenté avec une multitude d'acteurs qui sont à la fois concurrents et partenaires,contextualise Magali Quentel-Reme, cofondatrice, avec Sébastien Moutte, de l'adtech catalane Opti Digital. Par ailleurs, avec la montée en puissance des réseaux sociaux, les internautes consultent moins les applis ou les sites. De nombreux éditeurs médias font face à une stagnation, voire une perte, d'audience et commencent à rencontrer des difficultés financières. »
Fondée en 2018, Opti Digital (30 salariés), dont le siège est au Boulou (Pyrénées-Orientales), s'est focalisée sur l'optimisation des revenus publicitaires des éditeurs de médias, de presse magazine ou de sites internet. L'adtech, qui compte pour clients ParuVendu, FuturaSciences, PresseCitron mais aussi les groupes Bolloré ou Orange, développe trois types de solutions basées sur l'intelligence artificielle : un système de prix plancher dynamique, une solution de monétisation intégrée et, récemment, un format publicitaire inspiré des réseaux sociaux.