Face à l'accélération de la massification des usages et de la multiplication des terminaux numériques, le rapport de l'Ademe concluait en 2022 que le numérique était responsable de 2,5% de l'empreinte carbone en France, un chiffre qui n'est déjà plus dans les clous... L'étude tablait d'ailleurs sur une augmentation de 45% d'ici 2030, un constat alarmant et également remis en cause avec l'accélération induite par les usages de l'intelligence artificielle (IA). Comment ralentir cette course ? C'était la question posée par la 10e édition de Green it Day, organisée à Montpellier et Toulouse le 3 octobre par le cluster numérique régional Digital 113, où étaient invités Axelle Lemaire et Xavier Verne.
LA TRIBUNE - Numérique et transition vers une économie verte sont-ils conciliables?
Axelle LEMAIRE, directrice exécutive Durabilité et Responsabilité sociale chez Sopra Steria (ex-secrétaire d'État au Numérique et à l'Innovation de 2014 à 2017) - Oui, car il est rare aujourd'hui de mener des projets innovants de transition vers la décarbonation sans qu'ils soient accélérés par les technologies numériques. Mais le recours à l'IA ne peut pas se faire à n'importe quel prix. Il faut se poser en amont la question de l'utilité des usages technologiques qui vont être déployés et de savoir mesurer leurs impacts sur le plan environnemental et social. C'est la recherche d'un retour sur investissement et sur impact. Ai-je vraiment besoin de recourir à un système d'IA plutôt qu'à une autre technologie moins énergivore ? Ai-je besoin de lancer des recherches d'IA générative alors que je pourrais tout aussi efficacement avoir recours à un moteur de recherche classique ? Faut-il utiliser l'IA générative pour optimiser les processus quand un tableau Excel me le permet ? Il est essentiel de concentrer l'extraordinaire potentiel de l'IA sur les cas d'usage les plus impactants.