Il en est persuadé, « le changement climatique n'est pas un problème qu'il ne faut envisager qu'à 2050 ou 2100 ». Tout comme, en termes de risques, de nombreuses activités économiques ne peuvent plus se satisfaire d'une météo à court terme. Sur la base de ce constat, Léo Lemordant, ancien fondateur à Montpellier d'Enerfip, plateforme d'épargne participative dédiée à la transition énergétique qu'il a quittée à l'automne 2022, se positionne sur la strate temporelle intermédiaire, à mi-chemin entre les prévisions météo de court terme et les analyses climatiques de long terme du GIEC.
En 2023, il a ainsi créé, toujours à Montpellier, la startup Tellus AI, associé à Pierre Gentine, son ancien directeur de thèse à Columbia University, spécialiste de l'hydrologie. Leur ambition : développer une solution dopée à l'intelligence artificielle et basée sur le machine-learning, capable d'estimer et d'anticiper les risques météorologiques à impact, tels que les sécheresses, les inondations ou les vagues de chaleur et de froid, sur des horizons temporels cohérents avec l'action des décideurs afin d'identifier les vulnérabilités et de réduire l'exposition aux risques.
« Avec un climat qui dérive, les temps de retour des phénomènes extrêmes évoluent, et il faut changer d'approche,affirme le jeune dirigeant.On considère aujourd'hui que 80% de l'économie mondiale dépend de près ou de loin de la météo, et les secteurs de l'assurance et de la finance l'ont bien compris.Il existe un vrai besoin opérationnel de mieux appréhender les risques climatiques à un horizon de court terme, notamment le cycle de l'eau, mais aussi à moyen terme. »
L'objectif de Tellus AI est de proposer des prédictions entre un et six mois. L'IA est le cœur du réacteur de la solution : l'entraînement des algorithmes se fait sur les historiques de météo, sur la base de données météorologiques publiques de 1981 à 2022. La solution fournit un scénario central « avec une probabilité plus forte une probabilité plus faible que quelque chose arrive », indique Léo Lemordant, évoquant « une estimation de statistiques du risque ».