Les États devront soumettre leurs nouveaux engagements de réduction de gaz à effet de serre en début d'année prochaine en amont de la COP30. Dans ce contexte, le programme des Nations unies pour l'Environnement (UNEP) publie son rapport annuel Emissions gap report. Ce document, qui calcule l'écart entre ce qui serait nécessaire pour respecter l'accord de Paris, les engagements déjà pris par les États et leur mise en œuvre, est plus alarmiste que jamais.
Les émissions de gaz à effet de serre ont poursuivi leur hausse (+1,3%) en 2023. Or, il faudrait qu'elles diminuent de 4% pour rester sous les 2°C d'augmentation de la température mondiale moyenne. Voire de 7,5% pour respecter une hausse maximale de la température mondiale moyenne de +1,5°C.
De l'aveu même de l'ONU, cet objectif est déjà presque hors de portée. Quant à celui visant à être « nettement en dessous des 2°C d'augmentation, il est « en soins intensifs ». Pour le respecter, les émissions annuelles mondiales devront diminuer de 28% en 2030 et 37% en 2035. La pente est de plus en plus raide à mesure que nous tardons à emprunter une trajectoire baissière.
Une poursuite des politiques actuellement en vigueur nous conduirait tout droit à une hausse de +3,1%. Pour mémoire, l'Europe, et en particulier la France (qui a vu ses émissions baisser ces deux dernières années, bien qu'insuffisamment) se réchauffe nettement plus rapidement que le reste du monde. Ce n'est pas sans raison que le Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), que Michel Barnier et Agnès Pannier-Runacher doivent présenter demain, vendredi, après de multiples reports, est construit sur la base d'une hausse de +4°C de la température en métropole.