Le Cnes mène une expérience inédite en Europe sur l'impesanteur
Mathieu Houllière
Mathieu Houllière
La clinique spatiale de l'Institut français de médecine (Medes), installée à l'hôpital de Rangueil à Toulouse, vient de terminer cette semaine une étude pilote sur "l'immersion sèche", une méthode de simulation d'impesanteur utilisée par les Russes depuis 50 ans mais inédite encore au sein de l'Union européenne.
Le principe est - a priori - assez simple : protégés par une bâche imperméable, les participants sont plongés dans de grandes bassines remplies d'eau à 33 degrés. Pendant trois jours, leurs corps sont plongés en situation d'impesanteur. Aux chercheurs ensuite de collecter des données et de les étudier.
Principal avantage de cette solution financée et dirigée par le Cnes : la rapidité et l'intensité des effets. Avant "l'immersion sèche", les chercheurs français avaient recours à la méthode dite du "Bedrest", un alitement prolongé des sujets la tête incliné à six degrés. Des expériences très longues, allant jusqu'à 90 jours alors que les participants de l'étude en immersion sèche ne sont restés que trois jours dans leur bac rempli d'eau.
Par cette nouvelle méthode, les chercheurs tentent ainsi de mieux comprendre les changements physiologiques qui ont lieu en situation d'impesanteur, sur les plans neurosensoriel ou cardio-vasculaire par exemple. Ils pourront ainsi prendre les contre-mesures adéquates.
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S'il ne faut pas tirer de conclusion pour l'instant - les données sont encore à l'étude -, le modèle semble donc prometteur. Cerise sur le gâteau, l'immersion sèche pourrait trouver des applications dans d'autres domaines, médical par exemple. "On s'est rendu compte que l'inactivité physique prolongée provoquait une résistance à l'insuline et qu'elle pouvait peut-être jouer un rôle dans le déclenchement de certaines maladies, comme le diabète", assure Marie-Pierre Bareille.
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Mathieu Houllière