À l'Onera de Toulouse, on expérimente le drone de demain

Florine Galéron
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Pouvez-vous nous présenter l'activité drones de l'Onera ?
Pour rappel, l'Onera est le laboratoire public de recherche pour les domaines de l'aéronautique, de la défense et du spatial. Notre mission est d'innover au profit ultime de l'industrie française. Une centaine de chercheurs travaille plus spécifiquement sur les drones, via une cinquantaine de projets. Nous cherchons à répondre à trois grandes problématiques : sécuriser le vol des drones, améliorer leurs performances et lutter contre les drones malveillants. Cette activité a commencé à Toulouse dès les années 90 alors qu'il existait très peu d'activités sur les drones dans le monde. Aujourd'hui, nous travaillons en partenariat avec les principaux industriels (Airbus, Thales, Safran, Dassault), de plus petites sociétés comme Delair-Tech ou Boréal mais également de grands donneurs d'ordre qui n'ont pas de lien historique avec l'aéronautique comme la SNCF (qui a créé en début d'année une filiale drone), RTE ou Enedis.
En France, les drones de loisirs connaissent un essor grandissant mais le marché professionnel est plus timoré. Cela peut-il changer ?
Ce qui est nouveau c'est qu'il y a 25 ans, les laboratoires de recherche imaginaient très bien le potentiel de ces machines mais il n'existait pas de marché, ni de grands programmes industriels. Depuis quelques années, on voit l'émergence d'un marché potentiel autour, notamment, de la surveillance par drone. Les grandes entreprises se retrouvent autour d'un même grand besoin : utiliser un drone assez gros (environ 25 kg) et être capable de le faire voler sur 100 km afin de surveiller sur de grandes distances, par exemple des voies ferrées pour la SNCF, des réseaux électriques pour RTE et Enedis, des autoroutes pour Vinci...
Quels sont les freins au développement à grande échelle de cette surveillance par drone ?
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À ce jour, nous pouvons réaliser des tâches de surveillance de manière ponctuelle mais pas de façon routinière. La règlementation n'autorise pas la surveillance généralisée par drone car nous n'arrivons pas, notamment, à atteindre le niveau de fiabilité requis en termes de sécurité, et le présenter de manière acceptable par la DGAC (direction générale de l'aviation civile). L'un des freins est de pouvoir garantir un lien de télécommunication fiable, même si le drone est très éloigné de l'opérateur humain chargé de la supervision, pour qu'il soit capable de suivre son évolution et, éventuellement, les problèmes qui surviendraient.
Florine Galéron