Airbus rêve de voiture volantes électriques

Guillaume Renouard

Guillaume Renouard
De nombreuses œuvres de science-fiction dépeignent des villes futuristes garnies d'immeubles gigantesques s'élevant jusqu'aux nuages et des milliers de voitures volantes qui se croisent à toute vitesse dans les airs. Ce type de véhicules a de longue date suscité l'imagination et la création. Le premier prototype opérationnel a ainsi été mis au point par l'inventeur américain Moulton Taylor, en 1949. Son invention n'a toutefois jamais trouvé d'application commerciale et les voitures volantes demeuraient naguère encore attachées au registre de la science-fiction.
Néanmoins, les choses sont en train de changer. Uber a ainsi créé un département, baptisé Uber Elevate, consacré entièrement aux voitures volantes, et a organisé les 26 et 27 avril derniers à Dallas un symposium sur ce thème. Dubai souhaite se doter de taxis aériens, mission confiée au chinois Ehang, dont le drone géant avait fait sensation lors de l'édition 2016 du Consumer Electronics Show (CES). Le groupe Airbus, de son côté, compte actuellement pas moins de trois projets consacrés aux voitures volantes. Le plus médiatisé est sans doute le projet Vahana, nommé ainsi en référence aux montures des dieux dans la mythologie hindoue, né au sein d'A3, le laboratoire d'innovations d'Airbus dans la Silicon Valley. Entièrement autonome, électrique, monoplace, capable de décoller et d'atterrir à la verticale, l'appareil au design futuriste est d'abord réalisé pour intégrer une flotte de véhicules de transport, sur le modèle d'Uber.
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Airbus travaille également à un projet baptisé Pop.Up, imaginé en partenariat avec Italdesign, cabinet de design automobile de Lamborghini (groupe Volkswagen). Le concept repose sur une flotte de mini-véhicules modulables, autonomes et électriques, capables de se déplacer indifféremment sur terre ou dans les airs, pilotés par une plateforme centrale calculant l'itinéraire et le moyen le plus efficace pour amener le passager à bon port. Le troisième projet, baptisé CityAirbus (moins médiatisé que les deux autres), est conçu par des développeurs des deux côtés du Rhin. Il conçoit des quadricoptères géants pouvant transporter plusieurs passagers à la fois.
Le décollage de cette technologie est notamment rendu possible par le développement des logiciels de conduite autonomes, qui permettent d'imaginer un écosystème bien plus sûr et harmonieux que si les humains étaient aux commandes. D'autant que la conduite dans les airs est, par certains aspects, bien plus facile à programmer que sur route, selon Zach Lovering. "Il y a moins d'objets dans les airs qu'au sol, et davantage de liberté de mouvement." Pèsent également dans la balance les progrès de l'énergie électrique et l'emploi de nouvelles méthodes de construction, avec l'usage de matériaux composites, qui donnent des véhicules moins lourds, et donc moins gourmands en énergie. Enfin, l'utilisation de l'impression 3D permet la conception de pièces autrefois coûteuses à réaliser manuellement.
Pour Zach Lovering, la multiplication des mégalopoles, et les problèmes de circulation qui en découlent, vont immanquablement nous inciter à regarder vers le ciel. "Il y a aujourd'hui 31 villes géantes, avec plus de 10 millions d'habitants. D'ici à 2050, les deux tiers de la population mondiale seront citadins. Un siècle plus tôt, nous avons résolu ce problème en concevant des transports souterrains. Aujourd'hui, il est temps de recourir à l'espace aérien."
Guillaume Renouard
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