"La robotique sera au cœur de l'usine de demain"
Jean-Christophe Magnenet
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La robotisation des usines est-elle inéluctable ?
Laurent Latorse : Oui, parce que la France est un pays "high-cost", avec des charges importantes du côté de la masse salariale, et qui a décidé de positionner l'humain au centre de se politique robotique. Les ouvriers vont laisser place à des robots sur tous les postes générateurs de troubles musculo-squelettiques, les TMS. Mais ce n'est pas un remplacement de personnel : il s'agit d'optimiser des fonctions répétitives, rébarbatives. Les opérateurs seront replacés dans postes à plus forte valeur ajoutée.
Jérémie Pedros : La robotique de masse, celle qui a remplacé le travail humain par de la robotique, a déjà eu lieu dans notre pays. Ces grandes phases de robotisation ont touché des domaines comme l'automobile. Cela s'est fait parfois de façon dramatique, au détriment de l'emploi. À cette période, l'usine rêvée, fantasmée par les industriels, c'était l'usine sans hommes. Ce schéma est mort. Aujourd'hui nous défendons l'idée d'utiliser la robotique pour remettre l'homme au centre de sa valeur ajoutée. Des savoir-faire, la capacité de décision ou encore d'adaptation ne seront en effet jamais remplaçables.
Quel en est l'intérêt ?
J.P. : Il s'agit de garder notre industrie, voire même de réussir à la relocaliser sur nos territoires. La robotique offre des gains de productivité, de réactivité, de flexibilité, etc. Cette performance retrouvée doit permettre de capter de nouveaux marchés et d'être plus compétitifs sur des marchés mondiaux. C'est une arme pour tenter de conserver nos modèles sociaux et environnementaux face à des pays low-cost.
Est-ce la fin de la main-d'œuvre peu qualifiée ?
J.P. : Évidemment, il n'est pas question de faire de l'angélisme. Le robot économise une part de la main-d'œuvre. Mais on parle d'une main-d'œuvre qui est déjà aujourd'hui déjà délocalisée dans des pays low-cost. La robotisation doit entraîner une élévation, une augmentation du niveau de qualification de la main-d'œuvre dans l'industrie.
Jean-Christophe Magnenet
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