L'État dissout les conseils de l'université Jean-Jaurès, Daniel Lacroix n'est plus président

Florine Galéron

Université Jean-Jaurès
Rémi Benoit

Florine Galéron

Université Jean-Jaurès
Rémi Benoit
C'est une première dans l'histoire de l'université du Mirail à Toulouse. La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé ce mardi 20 mars la dissolution des conseils centraux et l'organisation de nouvelles élections à l'université de Toulouse Jean-Jaurès (nouveau nom de l'université du Mirail, nldr).
Depuis des mois, une partie des élèves et du personnel milite contre le rapprochement des universités toulousaines dans l'optique de décrocher le label Idex (la candidature toulousaine a finalement été rejetée a-t-on appris lundi). En signe de protestation, les représentants syndicaux membres du conseil d'administration boycottent les diverses réunions empêchant la tenue de tout vote et prise de décision, le quorum (nombre de participants minimum obligatoire pour valider un vote) n'étant pas atteint.
L'impossibilité de réunir le conseil d'administration bloque aussi l'adoption du budget de l'université Jean-Jaurès pour l'année 2018 (environ 170 millions d'euros par an, nldr). Depuis début janvier, le rectorat de l'académie avait accordé à l'établissement un budget dit "provisoire" lui permettant de payer les salaires mais pas d'engager des dépenses d'investissements comme des travaux par exemple. Mais ce budget provisoire était conditionné à la régularisation de la situation, à savoir l'adoption d'ici la mi-mars du budget, faute de quoi l'université serait mise sous tutelle.
Mardi 20 mars, le ministère fait remarquer que "le budget de l'université pour 2018 n'a pu ni être examiné ni être adopté. Les organes statutaires de l'établissement n'ont pas permis de régler cette situation de paralysie. De fait, aucune sortie de crise n'apparaît pour l'heure envisageable".
La ministre Frédérique Vidal a donc décidé de prononcer ce jour la dissolution des conseils centraux de l'université Toulouse Jean-Jaurès et le président Daniel Lacroix, dont les manifestants demandaient le départ, est démis de ses fonctions.
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Interrogée par La Tribune, la rectrice de l'académie de Toulouse précise :
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La rectrice pointe un autre impact du blocage de l'université : "Depuis la fin du premier semestre, les notes des élèves ne remontent plus. Cela impacte directement les étudiants en 3e année de licence qui ne peuvent pas postuler en master car ils ne peuvent pas apporter des éléments factuels de leur réussite". Par ailleurs, elle réfute toute intervention à venir des forces de l'ordre dans l'enceinte de l'université.
Florine Galéron