Des chercheurs toulousains en mission en Corse pour comprendre la formation des orages

Bryan Faham

SAFIRE
CNRS

Bryan Faham

SAFIRE
CNRS
Voler à bord d'un avion en plein orage, c'est le périlleux défi que s'est lancé une équipe de chercheurs toulousains. Baptisée Exaedre, cette mission pilotée par le CNRS et l'Université Paul-Sabatier, avec le soutien du Cnes et de Météo-France, vise à mieux comprendre la formation et la composition des orages. L'opération se déroulera du 13 septembre au 12 octobre sur l'île de Beauté.
"La Corse est l'une des régions en France avec un maximum d'activité orageuse", justifie Éric Defer, chargé de recherche au CNRS mercredi 5 septembre lors de la présentation de l'expérience. C'est aussi là qu'est installé le réseau de douze stations Saetta. Ce dernier permet de localiser en trois dimensions les éclairs sur un rayon de 200 km en détectant le rayonnement émis par les décharges électriques dans le domaine des fréquences radio.
Huit vols de trois heures sont prévus à bord d'un Falcon 20 (un avion appartenant à la Safire de l'aéroport de Francazal). À l'intérieur, une équipe de sept personnes composée de trois ingénieurs et un scientifique va littéralement se plonger dans le champ électrique des nuages.
"Le projet vise à améliorer les connaissances des processus microphysiques (les cristaux de glace et les gouttes d'eau), dynamiques (les vents) et électriques (les éclairs), qui conduisent au déclenchement et à la propagation de l'éclair", explique Éric Defer.
L'avion volera à trois altitudes différentes : là où le champ électrique atteint généralement son seuil maximal (7 km du sol) mais aussi aux altitudes moyennes des zones de charge (5 et 10 km).
Pour justifier la mission Exaedre, Eric Defer explique que :
La mission nécessite un investissement de quatre à cinq millions d'euros et mobilise un consortium de 14 laboratoires et entreprises. Une trentaine de personnes va travailler sur le projet, dont quatre à temps plein. Sans compter les étudiants de l'École nationale de météorologie.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Une des applications les plus concrètes de l'opération Exaedre concerne les prévisions météorologiques.
Selon lui, "pour améliorer la prévision des orages, nous avons besoin de connaître l'état actuel de l'atmosphère le plus précisément possible". Il souligne qu'à l'heure actuelle, "il y a très peu d'observations sur les mers et océans" et que "les radars ont une portée limitée, de l'ordre de 200 kilomètres".
À lire également
L'amélioration attendue des prévisions n'est pas pour tout de suite selon le chercheur puisque les premiers résultats de la mission seront connus d'ici un à deux ans et il faudra encore analyser toutes ces données.
Bryan Faham