"Il y a eu une prise de conscience du potentiel que l'on pouvait en tirer. La donnée est désormais l'or noir d'aujourd'hui", n'hésite pas à affirmer Yann Barbaux, le président du pôle de compétitivité Aerospace Valley, qui réunit 850 acteurs du spatial et de l'aéronautique. En effet, au-delà des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) dont le modèle économique tient en grande partie sur la gestion et l'exploitation de ces données numériques, la filière aéronautique se penche aussi activement sur la question. Airbus a été précurseur en la matière en lançant dès 2015 un programme du nom de Skywise, débouchant sur une plateforme du même nom pleinement opérationnelle aujourd'hui.
Résultat : une quinzaine de sous-traitants travaillent actuellement sur cette plateforme, tout comme plus de 70 compagnies aériennes.
"Nous allons continuer à augmenter le nombre d'acteurs dans ce projet : nous avons l'objectif d'accueillir une centaine de compagnies aériennes, tout en attirant encore des fournisseurs et sous-traitants. Néanmoins, on ne s'interdit pas, à l'avenir, d'y insérer des aéroports ou encore des autorités aériennes par exemple", ajoute Matt Evans, le responsable du programme Skywise.
Chaque acteur qui s'implique dans cette démarche signe un engagement contractuel avec Airbus stipulant quelles données sont partagées et comment l'avionneur et les autres partenaires peuvent les exploiter. Une utilisation avec un seul but : faire face à la montée en cadence, en cherchant l'efficacité sur toute la chaîne d'approvisionnement pour Airbus, et améliorer le suivi de l'avion pour ses clients et ses utilisateurs une fois en service.