Intelligence artificielle : le projet toulousain mise sur la mobilité

Florine Galéron

Nicolas Viallet, ingénieur d'Airbus, devient le directeur opérationnel du projet Aniti.
Rémi Benoit

Florine Galéron

Nicolas Viallet, ingénieur d'Airbus, devient le directeur opérationnel du projet Aniti.
Rémi Benoit
Les contours de l'institut 3IA de Toulouse se précisent. En avril dernier, la Ville rose faisait partie des quatre sites en France (aux côtés de Grenoble, Nice et Paris) à obtenir la labellisation du gouvernement pour créer un institut interdisciplinaire d'intelligence artificielle. Une initiative en réponse à l'appel à manifestation d'intérêt initié par le député et mathématicien Cédric Villani, qui plaidait dans son rapport sur l'IA, publié en mars 2018, pour la création d'"un réseau de recherche d'excellence".
Deux mois et demi plus tard, le projet toulousain baptisé Aniti (Artificial and Natural Intelligence Toulouse Institute) commence à se préciser. Un directeur opérationnel vient d'être nommé. Il s'agit de Nicolas Viallet. Diplômé en 2001 de l'Isae-Supaero, cet ingénieur a fait toute sa carrière au sein d'Airbus entre Toulouse et Nantes. Son dernier poste portait sur la stratégie industrielle au niveau de la production.

Nicholas Asher, directeur scientifique (à gauche) et Nicolas Viallet, directeur opérationnel (à droite). (Crédits : Rémi Benoit).
Le choix de faire venir un ancien d'Airbus au sein d'Aniti ne doit rien au hasard. "Le jury international a demandé à chaque site de se recentrer pendant les deux premières années sur ses points forts. Pour Grenoble, c'était la santé et l'environnement. Pour Toulouse, c'est la mobilité au vu de l'écosystème industriel et de recherche", explique Philippe Raimbault, le président de l'Université fédérale de Toulouse.
L'accent sera ainsi mis sur l'aéronautique, le véhicule autonome et les transports du futur, mais aussi l'industrie des satellites. Parmi la trentaine de partenaires industriels du projet figurent d'ailleurs des grands groupes de cette filière : Airbus,Thales mais aussi Renault qui a choisi la Ville rose pour son centre de recherche dédié à la voiture connectée ou encore Continental qui travaille avec Météo-France sur des alertes pour la voiture de demain.
Lors du dépôt de candidature, Toulouse avait proposé sept thèmes de recherche : l'exploitation des données, l'acceptabilité de l'IA, les véhicules autonomes, la robotique et les assistants virtuels, l'usine du futur, l'agriculture durable et enfin les biotechnologies. Durant les deux premières années d'existence, le projet Aniti se recentrera donc sur trois programmes :
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À noter que le chercheur Nicholas Asher qui était le directeur scientifique du projet tout au long de la candidature, reste à ce poste.

Nicholas Asher reste directeur scientifique d'Aniti (Crédits : Rémi Benoit).
Il a annoncé le 5 juillet dernier le recrutement d'un premier porteur de chaire, Joao Marques Silva, en provenance de l'université de Lisbonne. Au total, le projet Aniti va mener à la création de 22 chaires de recherche dont la moitié seront dirigées par des chercheurs internationaux. Pour les animer, il faudra attirer des chercheurs reconnus mais aussi des doctorants. "Par ailleurs, le recrutement du directeur de la Graduate School est en cours. Y seront regroupées les formations du master au doctorat. Ce type de structure est très classique à l'international", relève Philippe Raimbault.
Avec Aniti, l'objectif est de doubler le nombre de personnes formées à l'IA d'ici à 2023, du bac au master mais aussi de créer une centaine de startups. Des formations continues sont également prévues pour les entreprises de la filière, les premières devraient commencer d'ici la fin de l'année.
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Pour mener à bien ce projet, Toulouse pourra mobiliser jusqu'à 100 millions d'euros sur quatre ans. Pour le moment, les partenaires industriels se sont engagés à mettre 20 millions d'euros, l'État via l'Agence nationale de la recherche va verser 18 millions d'euros (un montant révisable à la hausse dans deux ans), la Région Occitanie 24 millions d'euros, Toulouse Métropole 4 millions d'euros tout comme Toulouse Tech Transfer.
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