Air France teste à l'aéroport de Toulouse un tracteur à bagages sans chauffeur

Florine Galéron

tracteur a bagages autonome
Rémi Benoit

Florine Galéron

tracteur a bagages autonome
Rémi Benoit
Le véhicule qui s'élance sur les pistes ressemble à s'y méprendre à n'importe quel tracteur à bagages. À un rond-point, il croise un autre tracteur et prend le temps de s'arrêter avant de repartir. Sauf que dans le véhicule, il n'y a aucun pilote à l'horizon. Depuis la mi-novembre, l'aéroport de Toulouse teste le tracteur à bagages AT135 conçu par la société Charlatte Autonom.
Dans un premier temps, pas question d'approcher de trop près l'avion.

Le tracteur sans chauffeur approche des avions d'Air France (Crédits : Rémi Benoit).
Des précautions imposées par la réglementation : un engin bardé de capteurs n'a pas le droit aujourd'hui d'être trop près d'un avion, par crainte d'interférences. Si les parcours demandés au tracteur sont préenregistrés, le véhicule s'appuie sur toute une série de capteurs pour s'adapter à l'environnement : des lidar (détection de la distance, ndlr), un GPS pour se repérer mais aussi un capteur d'inertie.
La promesse de la technologie est de réduire les accidents sur les pistes. Philippe Crébassa, président du directoire de l'aéroport de Toulouse, les estime à "quelques dizaines par an" : "Mais ce chiffre comptabilise aussi bien les collisions d'engins qu'un véhicule dépassant la vitesse autorisée", précise-t-il.
Jusqu'à la fin décembre, la navette est testée uniquement vers les appareils d'Air France. Pour Vincent Euzeby, responsable IT&Tech innovation de la compagnie, cette solution "pourrait permettre de réduire les coûts de maintenance sur les tracteurs à bagages. C'est aussi un premier pas vers les véhicules autonomes".
Air France avait d'abord envisagé de lancer une expérimentation au sein des Aéroports de Paris mais ces derniers ont refusé. L'aéroport de Toulouse est apparu comme le lieu idéal, moins de trafic mais beaucoup de passage malgré tout. À l'origine, la société TLD, partenaire de la startup toulousaine Easymile, spécialisée dans les navettes sans chauffeur, était également sur les rangs pour mener l'essai. "Mais les échanges se sont avérés de bien meilleure qualité avec Charlatte Autonom", indique Vincent Euzeby.
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Charlatte Autonom a conçu le véhicule (Crédits : Rémi Benoit).
Passés les essais, la société espère une mise en service commerciale à partir du second semestre 2020. De son côté, Air France pourrait généraliser à d'autres aéroports français les tracteurs sans chauffeur en cas de succès de l'expérimentation.
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