C'est une partie de chasse dont le lancement ne serait tarder. Celle des explosions les plus puissantes jamais enregistrées dans l'univers, à savoir les sursauts gamma. "C'est un événement très énergétique. Un sursaut gamma peut libérer plus d'énergie que celle émise par le soleil en une année", affirme Bertrand Cordier, chercheur à l'Institut de recherche sur les lois fondamentales de l'Univers du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies (CEA).
Dans les faits, ce phénomène visible uniquement depuis l'espace s'apparente à un puissant faisceau lumineux généré par la mort d'une étoile située à des années lumières de la Terre. C'est grâce au lancement de la première sonde du programme Vela, chargé de surveiller au bon respect de plusieurs traités internationaux, qu'une vague de sursauts gamma est détectée pour la première fois en 1967. Plus de 55 ans après, ces phénomènes furtifs - car seulement visibles quelques secondes et uniquement dans l'espace - vont avoir leur propre mission spatiale dédiée.
C'est tout l'intérêt de la mission SVOM (Space-based multi-band Variable astronomical Objects Monitor). Initiée en 2006 par la signature d'un premier accord entre le CNES (Centre national d'études spatiales) et la CNSA (China National Space Administration), cette collaboration n'a été confirmée qu'en 2014 par la signature du protocole de partenariat par les deux chefs d'État. Néanmoins, faisant l'objet de nouveaux retards "d'ordre politique" selon des protagonistes du dossier, le satellite chinois qui enverra à 625 kilomètres de la Terre deux instruments chinois et deux instruments français - dédiés à cette chasse aux sursauts gamma - sera mis en orbite en juin 2023 seulement.