Spatial : des chercheurs toulousains découvrent de nouvelles preuves d'un climat propice à la vie sur Mars
Florine Galéron
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Des images prises par la caméra toulousaine ChemCam du rover de la Nasa Curiosity ont permis à des scientifiques d'établir pour la première fois la présence d'un climat saisonnier sur Mars.
Nasa
Des images prises par la caméra toulousaine ChemCam du rover de la Nasa Curiosity ont permis à des scientifiques d'établir pour la première fois la présence d'un climat saisonnier sur la Planète rouge il y a plus de 3 milliards d'années, un indice supplémentaire d'un environnement propice à l'apparition de la vie sur Mars.
Après plus de dix ans d'activité sur Mars, Curiosity continue de livrer des découvertes scientifiques sur l'histoire de la Planète rouge. Malgré des roues un peu abîmées à force de sillonner la surface hostile de Mars, le rover de la Nasa poursuit son exploration du cratère de Gale équipé de la caméra toulousaine Chemcam. Des clichés capturés en 2021 ont permis à des scientifiques du CNRS, de l'Université Toulouse III - Paul Sabatier et de l'Université Claude Bernard Lyon 1 d'établir pour la première fois la présence d'un climat saisonnier sur la Planète rouge.
Des craquellements de boue typiques d'un climat saisonnier
«Il faut imaginer que le cratère de Gale était il y a très longtemps rempli d'un lac à une époque où de l'eau était présente sur Mars. Beaucoup d'éléments se sont déposés à l'intérieur. Le rover Curiosity explore jour après jour un édifice de sédiments de six kilomètres de haut dans cet immense cratère qui fait 150 kilomètres de large. Un jour, nous sommes tombés sur des images montrant des craquellements de boue fossilisés qui sont typiques d'un climat saisonnier sur Mars il y a 3,8 milliards d'années», explique William Rapin, chercheur au CNRS etco-auteur de cette découverte dont les résultats sont parus le 9 août dernier dans la revueNature.
Avant de préciser : « Si une boue humide sèche une seule fois, par exemple lors d'un grand assèchement séculaire, des fissures très grandes vont apparaître. Mais en cas de séchages de courte durée avec une intensité très régulière, les fissures vont prendre une apparence particulière en forme d'hexagone, un phénomène que l'on retrouve aussi sur Terre. La taille des hexagones nous renseigne même sur la profondeur régulière de séchage à chaque saison. »
Photo d'illustration (Crédits : NASA/JPL-Caltech/MSSS/IRAP/Rapin et al./Nature)
En analysant des craquèlements de boue sur Mars, les chercheurs ont remarqué des formes hexagonales typiques d'un climat saisonnier. (Crédits : NASA/JPL-Caltech/MSSS/IRAP/Rapin et al./Nature)
De nouvelles découvertes attendues avec le rover Perseverance
Cette découverte d'un climat cyclique est une preuve supplémentaire d'un environnement propice à l'apparition de la vie sur Mars. « Comme il n'existe aucune roche datant de l'époque où la vie est apparue sur Terre, nous n'émettons que des hypothèses à partir d'expériences en laboratoire. Mais la communauté scientifique concorde aujourd'hui sur le fait que ces cycles sont des briques élémentaires qui permettent à des acides aminés, des petites molécules organiques, de se complexifier et de s'auto-organiser. Ces molécules ne peuvent pas exister si l'environnement est trop sec ou trop humide », décrypte William Rapin.