Cet été, la température moyenne de surface des océans a franchi de nouveaux records, dépassant la barre symbolique inédite de 21°C d'après l'observatoire européen Copernicus. Un phénomène d'autant plus préoccupant que les mers du globe ont absorbé 90% de la chaleur en excès provoquée par l'activité humaine depuis l'ère industrielle.
Le satellite franco-américain SWOT pourrait livrer des informations-clés dans la compréhension de ce phénomène. Envoyé en orbite en décembre dernier, le satellite repose sur une rupture technologique majeure grâce à l'instrument Karin dont la France avec le Cnes et Thales Alenia Space ont réalisé la partie radiofréquences. Doté de deux antennes, cet instrument permet avec une seule fauchée de balayer une zone d'une centaine de kilomètres de large là où il fallait auparavant plusieurs satellites pour couvrir la même zone. De quoi fournir pour la première fois une cartographie haute résolution des ressources en eau de notre planète.
Les premiers résultats de la mission sont à la hauteur de cette promesse. « Je me souviens encore de ma main tremblante sur mon ordinateur lorsque j'ai ouvert les premières images qui m'ont été envoyées, car je ne savais pas ce que j'allais voir. En réalité, nous avons obtenu une représentation parfaite de cette rivière de Nouvelle-Zélande et totalement conforme aux clichés pris auparavant par hélicoptère », a salué Tamlin Muir Pavelsky, chercheur à l'université de North Carolina et à la Nasa, à l'occasion d'une présentation à Toulouse ce jeudi 21 septembre.