Genoskin : la startup qui valorise des échantillons de peau ouvre une unité de production aux États-Unis
Fleur Olagnier
Fleur Olagnier
"La technologie brevetée Genoskin permet de maintenir en vie des échantillons de peau pendant sept jours, ce qui nous laisse le temps de les livrer aux laboratoires pour qu'ils réalisent leurs expériences", résume Pascal Descargues, co-fondateur de la startup toulousaine. Depuis six ans, la société récupère des restes de peau humaine issus d'opérations de chirurgie plastique comme l'abdominoplastie.
Puis, la startup transforme ces biopsies de peau en échantillons utilisables par les laboratoires de recherche. Préservée dans un gel spécial, la peau peut être maintenue en vie et ainsi subir des tests d'efficience de médicaments ou de toxicologie pour les cosmétiques :
"Normalement, quand un tissu est prélevé sur le corps humain, il meurt rapidement, affirme Pascal Descargues. Mais grâce à notre procédé, des tests peuvent être effectués comme si la peau était encore vivante, avec toutes ses caractéristiques : cellules immunitaires, élasticité, capacité à bronzer... Ces échantillons sont la dernière étape juste avant l'essai clinique".
Les concurrents de Genoskin, de leur côté, utilisent souvent la congélation ce qui dégrade inévitablement certaines propriétés de la peau. D'autres, fabriquent des tissus artificiels à partir d'imprimantes 3D, mais qui sont loin de reproduire la complexité du tissu humain. À ce jour, le service fourni par Genoskin est donc unique au monde.
La surface de la peau est directement accessible au coton tige du laborantin. (Crédits photo : Genoskin)
La startup réalise ses kits de peau standardisés, directement utilisables par les laboratoires, dans son unité de production au Centre Pierre Potier à l'Oncopole de Toulouse. Les groupes cosmétiques L'Oréal ou Estée Lauder font notamment partie de ses clients. Dans le domaine médical, LEO Pharma (médicaments contre le psoriasis et certains cancers de la peau) et Allergen (fabriquant de botox) ont également été séduits par les kits Genoskin.
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Pascal Descargues, ex-chercheur dans le domaine des maladies génétiques de la peau, a d'ailleurs lui-même beaucoup travaillé sur des animaux et connaît donc bien les limites éthiques et scientifiques ce type d'expérimentation.
Lire aussi : Pascal Descargues, la recherche dans la peau
50% du marché de la société se trouve aux États-Unis. Crédits : Genoskin
Ainsi, le succès des échantillons de peau Genoskin dépasse aujourd'hui largement les frontières d'Occitanie: Amérique du Nord, Europe, Japon, Malaisie... Toutefois, la startup qui réalise 80% de son chiffre d'affaires à l'étranger - 500 000€ en 2016 et 700 000€ prévus cette année - souhaite encore optimiser sa logistique. En effet, Genoskin garantit une livraison de son produit en 24h en Europe, deux jours en Asie, et quatre aux États-Unis à cause des formalités douanières. Or, 50% du marché de la société se situent aux États-Unis. D'où la création prochaine d'une nouvelle unité de production dans le Massachusetts:
En avril 2017, Genoskin a remporté les "Trophées Défis d'entreprise", catégorie innovation, organisé tous les deux ans par le Club d'Entreprise de l'Ouest Toulousain basé à Colomiers.
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Voir aussi : l'interview filmée de Pascal Descargues
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