Biotech: comment Enobraq veut utiliser le CO2 pour améliorer les rendements agroalimentaires
Israa Lizati
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Enobraq
DR
Israa Lizati
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Enobraq
DR
En 2015, lors de son lancement , le projet d'Enobraq était de modifier une levure (micro-organisme), utilisée dans l'industrie agro-alimentaire, et de remplacer le glucose (sucre) qu'elle contient par du CO2.
Au lieu de s'arrêter sur cet échec, l'équipe de la jeune biotech a décidé de rebondir "sur les découvertes et avancées réalisées durant la recherche sur la levure", affirme Christophe Dardel.
Sa nouvelle stratégie de R&D repose dorénavant sur trois axes. Tout d'abord, l'équipe de chercheurs s'est aperçue, lors des ses premiers travaux, qu'elle était capable grâce à son procédé d'améliorer le rendement de productions industrielles "jusqu'à 20%".
La preuve de concept devrait être apportée d'ici deux ans et permettrait de réduire de 15% en moyenne les coûts de fabrication des professionnels de l'industrie agro-alimentaire notamment.
Ensuite, la startup développe un procédé de production d'acide lactique, généralement utilisé dans les produits alimentaires et les boissons gazeuses. Cette avancée pourrait diminuer la dépendance aux produits fossiles, économiser des ressources nécessaires à l'alimentation mais aussi contribuer à réduire l'empreinte carbone. "Sur cette partie, nous sommes soutenus et financés par la communauté européenne puisque cette recherche s'inscrit dans un de ses projets", se réjouit le CEO.
À lire également
Enfin, pour son troisième axe, la société s'intéresse à la modification de la RuBisCo, la protéine la plus répandue au monde. Présente dans les plantes et céréales, elle permet la fixation du CO2 dans les végétaux. "Grâce à nos recherches de pointe sur l'utilisation du CO2 nous avons la capacité de multiplier par 50 le rendement de cette protéine. C'est pour l'instant en cours de pilotage, mais si elle fonctionne cette technologie ne sera pas un OGM et répondra à un enjeu mondial, qui est comment produire des aliments en quantités importantes tout en gardant une bonne qualité ?", se projette Christophe Dardel.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Israa Lizati