Airseas signe avec un géant japonais et va recruter 15 personnes à Toulouse

Florine Galéron

L'aile est positionnée à l'avant du bateau et permet de le tracter pour économiser du carburant.
Airseas

Florine Galéron

L'aile est positionnée à l'avant du bateau et permet de le tracter pour économiser du carburant.
Airseas
En près de deux ans, la startup toulousaine Airseas a bien grandi. "En 2017, nous étions quatre. Aujourd'hui, l'effectif est composée de 27 collaborateurs", fait remarquer Vincent Bernatets. Cet ingénieur d'Airbus passionné de sports de voile a décidé de transposer des techniques de commandes de vol utilisées en aéronautique à la navigation maritime. Il a mis au point Seawing, une aile (ou voile) automatisée installée sur un mât de 30 mètres à l'avant du bateau.
Au mois de juin, la jeune société a annoncé avoir signé un contrat avec l'armateur japonais Kawasaki Kisen Kaisha (K Line), qui possède la 5e flotte mondiale, pour équiper 50 vraquiers. "Ce sont des navires de 250 à 300 mètres utilisés pour transporter des marchandises en vrac comme des céréales entre le Japon et l'Australie. Nous allons installer des ailes de 1000 m2. Le premier prototype sera installé sur un bateau fin 2021", détaille l'ingénieur.
Vincent Bernatets espère que ce gros contrat va permettre de conquérir d'autres armateurs pour équiper des porte-conteneurs, des vraquiers et des tankers (pétroliers). Le marché ciblé par Airseas comporte 20 000 navires dans le monde. Et l'enjeu est de taille pour les armateurs qui se sont engagés dans la réglementation de l'Organisation maritime internationale de 2018, à savoir réduire de 40% les émissions de CO2 de leurs navires d'ici à 2030.
Soutenue depuis le départ par Airbus, la startup a pu tester fin 2017 son aile sur les bateaux de l'avionneur transportant les ailes d'A380 entre Bordeaux et Bristol. Aujourd'hui, le géant aéronautique va équiper à partir de fin 2020 une aile de 500 m2 sur son navire de 150 mètres de long chargé de transporter une fois par mois des pièces d'A320 entre Saint-Nazaire et l'usine d'assemblage de Mobile aux États-Unis.
Pour faire face à tous ces nouveaux projets, Airseas prévoit d'embaucher 15 personnes à Toulouse d'ici fin 2019 : des ingénieurs en électromécanique, en mécanique, en construction navale, etc. Puis la startup prendra le large vers Saint-Nazaire où elle va construire courant 2020 son centre de prototypage. "Cette région comporte un fort bassin industriel naval", justifie Vincent Bernatets. Une usine d'assemblage des ailes devrait suivre d'ici 2023 toujours entre Saint-Nazaire et Nantes.
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Airseas prévoit une levée de fonds dans un an et demi pour financer ce développement. Jusqu'à présent, elle a pu bénéficier d'une aide de 7,2 millions d'euros de l'Ademe (agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie), soit près de la moitié du budget nécessaire au lancement du produit.
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