Passionnés de spiritueux, les Toulousains Guillaume et Géraldine arrivent dans la production de gin à travers l’entreprise Mistigma. Celui-ci fait la part belle aux ingrédients locaux issus de l’agriculture biologique. Un début pour les deux associés qui ont chacun une autre activité principale. Mais à long terme, leur objectif est de vivre de leur passion et de continuer les investissements.Depuis le 6 novembre, Mistigma a sorti son propre gin. La jeune société toulousaine spécialisée dans l'embouteillage est le fruit de deux jeunes entrepreneurs, Guillaume Pituello et Géraldine Alexandre.
"Sur ce gin, c'est nous qui avons créé la recette, explique cette dernière. C'est un peu différent de l'activité de la société de départ qui consiste à embouteiller. Nous avons voulu commencer par cette boisson pour avoir une gamme linéaire, un produit que nos clients pourraient retrouver de manière constante".
De manière générale, la société se contente d'embouteiller les produits des distilleries locales.
"Notre activité consiste à aller dans les distilleries pour faire découvrir leur savoir-faire en embouteillant directement des jus déjà vieillis sous notre propre marque, poursuit-elle. À l'origine, nous sommes passionnés de tous types de spiritueux. Mais nous avons choisi le gin car il ne nécessite pas trop de vieillissement. Et puis cela nous permet de nous démarquer par rapport aux produits que nous embouteillons".
Des matières premières locales et bio
Mais pour cette nouvelle boisson, les deux associés n'ont pas pu gérer seuls la totalité de la production.
"Nous avons fabriqué la recette avec les quantités et les botaniques voulues. Mais c'est l'entreprise Straw Bale de Gilles Victors qui distille et met en réduction le produit. Nous n'avons pas le savoir-faire ni le matériel pour le faire. Dès que la réduction est faite, nous mettons alors en bouteille".
Ce qui rend le gin de Mistigma atypique est qu'il fait la part belle aux matières premières locales et bio.
"Il y a malgré tout des exceptions comme les baies de sichuan qui ne sont pas produites localement, explique Guillaume Pituello. Mais notre distillateur dispose d'un réseau de botanistes et nous en profitons. D'ailleurs, à part un élément, tout est issu de l'agriculture biologique. Nos étiquettes et nos cartons sont aussi concernés par cela puisque nous faisons confiance à des fournisseurs régionaux".
Une passion qui peut devenir un métier ?
Impossible pour les jeunes entrepreneurs de réaliser seuls toutes les étapes de la production de leur alcool. En effet, chacun des deux s'investit dans la société durant son temps libre.
"C'est notre métier 'passion', à côté nous conservons chacun notre activité principale, déclare Guillaume Pituello. Il est donc un peu dur de sortir de Toulouse au début. Actuellement, nous sommes distribués dans huit restaurants et dans une vingtaine de caves de la région. Nous avons également notre produit dans un établissement rochelais et au Pas de la Case. À terme, nous aimerions en vivre. Nous nous implantons déjà bien sur Toulouse et après nous verrons s'il est possible de faire les investissements nécessaires pour se développer sur toute la France".
De plus, aucune structure financière n'a été sollicitée pour développer ce projet.
"Nous avons investi notre propre argent. 16.000 euros comme capital de départ pour faire le premier levage et embouteillage, chiffre Géraldine Alexandre. Pour 2020, nous nous attendons à un chiffre d'affaires de 18.000 euros en tablant sur les estimations les plus basses. Après, nous espérons que nos produits se vendront bien pendant les fêtes".
Pour se procurer une bouteille, il faudra débourser 44 euros pour 70 centilitres de gin provenant de la gamme principale. L'exemplaire vieilli se vend de son côté à 42 euros le flacon, mais celui-ci n'est que de 50 centilitres. En plus de ces gin, Mistigma a mis en bouteille un armagnac déjà vieilli, provenant d'une distillerie locale à 68 euros le demi-litre. Des prix justifiés par Guillaume Pituello. "Nos boissons sont embouteillées en brut de fut. Il n'y a donc pas de réduction à l'eau donc un degré d'alcool plus élevé. Celui-ci entraîne par conséquent plus de taxes".