La startup toulousaine HD Rain a conçu des capteurs intelligents qui permettent de mesurer les prévisions météorologiques le tout à “haute résolution” et à bas coût. Une technologie qui a déjà séduit Météo France. D’ici la fin de l’année, elle aura installé près de 1.000 capteurs, grâce à une levée de fonds d'un million d'euros. Découverte.Pas de brouillard pour HD Rain. Cette startup créée à Toulouse en mai 2018 a pour ambition de fournir des prévisions météorologiques plus précises géographiquement et plus détaillées que ses concurrents afin de mieux anticiper les épisodes climatiques. Le tout à moindre coût grâce à des capteurs installés sur des paraboles de télévision satellite alliés à de l'intelligence artificielle et du deep learning (méthode d'apprentissage automatique).
Fin janvier, une levée de fonds d'un million d'euros a permis à l'équipe de six salariés d'envisager plus sereinement l'avenir d'HD Rain bien que le chiffre d'affaires se soit tout de même établi à 365.000 euros en 2020. Un résultat encourageant qui est dû à un contrat signé en 2020 avec Météo France International, ancien employeur des cofondateurs Ruben Hallali et François Mercier.
"Nous sommes complémentaires avec Météo France, on ne cherche pas à les remplacer. On apporte une infrastructure plus souple, plus robuste, qui peut être distribuée et qui permet d'avoir une donnée de meilleure qualité dans des zones compliquées. Dans les reliefs par exemple, où un radar météo marche assez mal, notre système prend tout son sens et coûte moins cher", fait remarquerRuben Hallali, CEO.
Stratégie redéfinie après le Covid
Ce contrat avec Météo France International a été "structurant" pour l'entreprise, selon son cofondateur. Il concerne la Côte d'ivoire, pays où le déploiement n'est pas aussi simple qu'en France (trois nouveaux capteurs installés chaque jour). Selon le dirigeant, cette collaboration a permis de tester le système et sa robustesse, mais aussi d'anticiper davantage la production de leur solution.
Une partie des matières premières nécessaires à la fabrication des capteurs provient de Chine. Les entrepreneurs toulousains ont alors dû s'adapter pour faire face aux retards de livraison engendrés par la crise sanitaire. Ils ont ainsi réorganisé le déploiement de leurs capteurs à Abidjan en fonction de leur stock existant. Une réussite logistique qui aurait pu virer au cauchemar financier. L'entreprise en a donc tiré des enseignements et tend à faire évoluer son modèle économique. Jusqu'à présent, elle vendait principalement à ses clients de l'équipement (les capteurs) et une prestation de service associée (traitement des données et maintenance). Désormais, elle souhaite se concentrer sur le déploiement hardware de son réseau, avant de développer pleinement sur le plan commercial leurs prestations associées.