La société toulousaine Rubix S&I a reçu en l'espace de quelques mois des milliers de commandes de capteurs de CO2, appareils préconisés dans les écoles par le gouvernement. Elle vend aussi des modèles plus sophistiqués aux entreprises et planche sur des portiques de détection de la charge virale par simple analyse de l'haleine. La startup espère lever une vingtaine de millions d'euros d'ici à début 2022.Depuis quelques semaines, les élus locaux sont pris d'une frénésie. Tous veulent acheter des capteurs de CO2 pour équiper les écoles de leur commune. Ces appareils ne sont pas encore obligatoires dans les établissements scolaires mais demeurent fortement recommandés. En présentant les principales recommandations pour la rentrée scolaire, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a une nouvelle fois appelé jeudi 26 août à la "généralisation" de ces capteurs de CO2 tout en précisant que ce sujet relevait des collectivités territoriales.
Des commandes multipliées par 50
À Toulouse, la société Rubix S&I, spécialisée depuis plusieurs années dans l'identification de nuisances en extérieur et intérieur, a vu ses ventes de capteurs de CO2 exploser.
"Elles ont été multipliées par 50. Nous étions auparavant sur des appels d'offres de quelques dizaines d'unités. Désormais, nous nous positionnons sur des contrats de quelques milliers, voire dizaines de milliers de produits", remarque Jean-Christophe Mifsud, président et fondateur de Rubix S&I, qui devrait atteindre un chiffre d'affaires de deux millions d'euros en 2021.
La startup a déjà équipé une école du Ve arrondissement de Paris, la ville de Vieux-Condé, dans le nord de la France ou encore la ville de Saint-Girons, en Ariège. À quelques jours de la rentrée, les commandes continuent d'affluer, même s'il faudra plusieurs mois avant de les honorer.
Ravi de cet intérêt grandissant, l'entrepreneur regrette néanmoins que les collectivités, aux finances très contraintes, se reportent sur les modèles d'entrée de gamme qui ne fournissent que le taux de CO2.
"Nous surfons actuellement sur cette vague autour des capteurs de CO2 tout en sachant malheureusement que ce n'est pas suffisant pour avoir une vision globale de la salubrité des classes", fait-il valoir. L'entreprise a commencé à commercialiser en juin dernier POD2, un modèle beaucoup plus sophistiqué prenant en compte toute une série de paramètres.
"Le CO2 est le paramètrequi a été repris par le gouvernement puisque plus le nombre de personnes augmente dans une pièce, plus l'expiration du CO2 sera importante.Mais c'est largement insuffisant pour dire si l'environnement est sain. Deux autres paramètres sont cruciaux : l'humidité et les particules dans l'air. Ces éléments physiques vont servir de véhicule de dispersion du virus. Les particules dans l'air seront transportées plus loin dans un environnement humide", détaille Jean-Christophe Mifsud.