Née aux États-Unis, la pépite spatiale Infinite Orbits s'est installée à Toulouse pour développer des nanosatellites capables de réaliser des opérations de maintenance sur les satellites et ainsi allonger leur durée de vie. Son premier démonstrateur sera envoyé en orbite géostationnaire par SpaceX au mois d'avril, avant un lancement officiel du service en 2024.Jamais il n'y a eu autant de satellites en orbite au-dessus de nos têtes. 2.800 engins spatiaux fonctionnels ont été recensés dans le dernier rapport de l'Agence spatiale européenne, un chiffre qui ne comptabilise pas les milliers de satellites arrivés en fin de vie et les innombrables débris spatiaux. La congestion de l'espace est telle qu'elle pourrait mettre à mal le lancement de nouvelles missions et gêner l'activité des satellites déjà en orbite. À Toulouse, une jeune société veut envoyer dans l'espace des nanosatellites pour réaliser des opérations de maintenance sur les satellites et ainsi allonger leur durée de vie plutôt que d'envoyer des engins spatiaux supplémentaires pour les remplacer.
Une navigation autonome pour s'amarrer à un satellite
Inifinite Orbits a vu le jour il y a trois ans aux États-Unis, portée par trois étudiants de l'Université de Columbia à New York et de Stanford dans la Silicon Valley.
"Le projet est né lors de la participation à un concours étudiant lancé par la NASA sur les méthodes innovantes pour s'amarrer à un astéroïde. On sait se poser sur la Lune ou sur Mars mais sur un astéroïde la tâche est plus complexe, notamment car il n'y a pas de gravité.Les trois étudiants ont eu l'idée de déployer unenavigation spatiale autonome basée vision, un concept pour lequel un brevet a été déposé par la suite. C'est le même principe que lorsqu'on utilise une caméra pour garer une voiture sans intervention humaine. L'intelligence artificielle embarquée permet de reconnaître la proximité d'un bout de trottoir ou d'un vélo et de mener les manoeuvres. De notre côté, nous appliquons dans l'espaceces technologies de reconnaissance d'image, d'intelligence artificielle et de navigation autonome", explique Adel Haddoud.
Cet entrepreneur algérien a fait ses études à Toulouse au sein de l'Isae-Supaero avant de poursuivre un MBA à l'Insead. Il a créé plusieurs sociétés aux États-Unis avant de faire la rencontre des étudiants et de reprendre le management d'Infinite Orbits.
Premier nanosatellite en orbite géostationnaire
L'équipe d'une dizaine de personnes a pris ses quartiers en 2020 à Toulouse dans le même bâtiment que Loft Orbital, une autre startup du New space. Depuis la Ville rose, la jeune société développe un nanosatellite reprenant la technologie auréolée lors du concours de la NASA.
"Nous sommes en train de mettre au point un nanosatellite 16U, autrement dit qui fait 20cm x 20 cm x 50 cm et une quarantaine de kilos. Il sera doté de notre technologie de navigation autonome et disposera aussi de charges utiles radio, pour des besoins de télécommunication", décritAdel Haddoud.