Le risque d'un gel des réformes

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Villepin peut-il encore s'en sortir ? Le Premier ministre organise ce matin sa neuvième conférence de presse mensuelle, qui pourrait bien être la dernière, dix mois après son arrivée à Matignon. En laissant clairement planer hier la menace d'une démission si le CPE est abrogé comme le demandent les syndicats, la gauche et la partie "sarkozyste" de l'UMP, Dominique de Villepin a définitivement lié son sort à celui du contrat première embauche.De plus en plus isolé, le Premier ministre, qui n'a plus que le soutien de Jacques Chirac, semble encore espérer que l'opinion de droite lui donnera quitus d'avoir résisté jusqu'au bout à la pression de la rue. Le problème, c'est que plus personne ne défend "sa chose", le contrat première embauche, pas même la présidente du Medef qui a réitéré hier dans le Figaro les réticences devant un dispositif général ciblé sur la jeunesse qu'elle avait exprimées dès le 16 janvier dans nos colonnes.Alors que parlementaires et syndicalistes se rencontraient hier sur le choix des mots - suspension, abrogation - qui permettront d'enterrer le CPE, le débat doit se déplacer sur l'essentiel : la poursuite des réformes. Ce ne sera pas facile : deux mois et demi de crispations ont fortement installé le couple flexibilité égale précarité dans l'opinion. Au-delà de la seule question de qui gouvernera le pays d'ici à l'élection présidentielle de 2007 - Villepin, Sarkozy, Alliot-Marie ou un autre -, c'est bien dans la recherche d'un nouveau dialogue social qu'il faut espérer le salut. Le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, qui retrouve un second souffle dans cette sortie de crise, l'a bien résumé mardi en déclarant qu'il était "temps de réfléchir à la partie du Code du travail qui relève de la loi et à celle qui relève des conventions".Passer à autre chose. Laurence Parisot, qui plaide elle aussi pour que l'État respecte mieux les partenaires sociaux, a ouvert une porte en proposant une discussion "sur toutes les précarités et toutes les flexibilités". Les syndicats, qui souhaitent eux aussi passer à autre chose, saisiront-ils l'occasion ? C'est en tout cas le seul vrai enjeu pour rendre vraiment "utile" la crise du CPE, dont la France se serait bien passée, tant son image en sort profondément détériorée.Philippe Mabille

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