Le pic devrait être atteint en Espagne, au Royaume-Uni et en Irlande

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Au Royaume-Uni et en Irlande, on appelle cela - en anglais - du déjà vu... À l'image de ce qui se passe aux États-Unis, les marchés immobiliers britannique et irlandais, qui ont connu, avec l'Espagne, les hausses de prix les plus élevées en Europe (près de 250 % pour les deux premiers et près de 200 % pour le troisième, entre 1997 et 2006), commencent eux aussi à s'essouffler. Pour les mêmes raisons qu'outre-Atlantique. À savoir une bulle qui ne peut que se dégonfler, surtout si elle est aidée en cela par une hausse des taux d'intérêt, voire d'un resserrement du crédit ( credit-crunch) .Au Royaume-Uni, les prix ont encore enregistré une hausse de 4,8 % sur un an. Mais 2007 constituera sans doute un sommet. Seule la descente semble désormais possible. De fait, même si les indicateurs britanniques se révèlent parfois contradictoires, les prix auraient déjà baissé en décembre,la valeur moyenne d'une maison passantde 184.000 livres en novembre à 182.000 (soit environ 360.000 euros) en fin 2007.L'évolution est plus marquée en Irlande. Sur le dernier trimestre de l'an dernier, les prix ont reculé de 2,4 %, soit une diminutionde 6,8 % sur 2007. La situation est particulièrement aiguë à Dublin : la baisse enregistrée sur le quatrième trimestre de l'andernier est de 2,7 %, soit un recul de prèsde 10 % sur 2007.En Espagne, aussi, les prix commencent à s'essouffler. Après une augmentation de 12,6 % en 2005 et de 9,1 % en 2006, les prix n'auront sans doute progressé que de 4 % en 2007. Et pour 2008, certains experts prédisent une chute de 2 % à 8 %...Ainsi, en dehors de l'Allemagne, qui n'a pas connu de boom immobilier, tous les pays d'Europe commencent, à des degrés divers, à être touchés par l'évolution contraire du marché immobilier. En France, où les prix (+ 200 % depuis 1997) sont considérés par l'agence Fitch comme largement surévalués, surtout compte tenu de la faible progression des revenus, les prix ont tendance à baisser, au moins dans certaines régions (voir ci-dessus). Quant au Danemark, le risque vient surtout de l'endettement moyen des ménages, quatre fois plus élevé que l'endettement italien, par exemple.Reste à savoir maintenant quel sera l'impact de cette situation sur l'économie de ces pays. En Espagne, la situation pourrait sérieusement déraper, notamment du fait de l'important pourcentage (98 %) d'endettement à taux variables, contre seulement 3 % en Irlande. Et alors que l'activité économique et le marché de l'emploi ont été largement dopés ces dernières années par le boom immobilier, certains experts, comme ceux de la banque BBVA, estiment que les destructions d'emplois pourraient s'élever à quelque 250.000 d'ici à 2009. Les promoteurs espagnols, eux, parlent de 400.000 emplois détruits.Associés à la poussée d'inflation constatée depuis plusieurs mois en Espagne, ces pronostics, s'ils s'avèrent, auraient en effet de quoi mettre la croissance en danger. Le gouvernement vient d'ailleurs déjà de réviser sa prévision de croissance, de 3,3 % à 3 % en 2008. Le recul pourrait être encore plus spectaculaire au Royaume-Uni. L'OCDE estime ainsi qu'elle passera de 3,1 % en 2007 à 2 % en 2008. Il faut dire que certains, tel Willem Buiter, de la London School of Economics, prédisent une chute de 30 % des prix de l'immobilier sur les deux prochaines années...

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