En visite dans le Golfe, Sarkozy veut y doper le " made in France "

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Élève doué mais pourrait certainement mieux faire avec un peu plus de persévérance. " Tel est le leitmotiv qui revient sans cesse dans les pays du Golfe à propos des entreprises françaises. À la veille du voyage éclair de Nicolas Sarkozy dans la région (Arabie Saoudite, Qatar et Émirats arabes unis en moins de trois jours), l'influence commerciale française dans la région reste mitigée. D'une part, il y a le fait que la part de marché française dans les six pays du Conseil de coopération du golfe (CCG) est en constante progression, dépassant même, dans le cas des Émirats, la barre des 4 % qui correspond à la part du marché mondial de la France.Contrairement à une idée reçue, la France ne vend pas simplement des avions, des armes et des produits de luxe dans cette partie du monde qui, grâce à l'envolée des cours du brut, se rapproche doucement mais sûrement des 1.000 milliards de dollars de PIB. Aux Émirats arabes unis, comme au Qatar, et à degré moindre en Arabie Saoudite, les produits " made in France " couvrent une large palette et les exportations en provenance de l'Hexagone progressent de manière continue (près de 8 milliards de dollars en 2007 pour les six pays du CCG). Mais, dans le même temps, la concurrence dans la région est de plus en plus vive et, le plus souvent, la France arrive derrière ses compétiteurs traditionnels que sont l'Allemagne, l'Italie, voire l'Espagne, sans oublier les nouveaux venus tels que la Chine et l'Inde. Membres des missions économiques françaises dans le Golfe, consultants ou patrons déjà installés sur place font tous le même constat : " Les PME françaises continuent de négliger la région parce qu'elles sont dissuadées par les tensions géopolitiques pourtant lointaines ", explique à La Tribune un diplomate français en poste aux Émirats.MANQUE DE REPERES CULTURELSÀ cela s'ajoute une réelle impréparation pour celles qui se décident à tenter l'aventure. " On voit venir des entreprises dont les brochures sont entièrement rédigées en langue française alors que l'anglais est incontournable ", déplore encore le diplomate qui, non sans réticence, concède une autre explication un peu moins politiquement correcte : " Dans le Golfe, les entreprises françaises manquent de repères culturels, admet-il. Nous ne sommes ni en Afrique francophone et encore moins au Maghreb. Ici, il n'y a aucune chasse gardée et tout est affaire de bon produit et de prix. "

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