Le " carburant " de l'industrie nippone devient hors de prix

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Les hauts fonctionnaires du ministère de l'Industrie (Miti) japonais ne dorment plus que d'un oeil. Lundi, les aciéristes japonais (et sud-coréens) ont consenti à une hausse de 65 % sur le minerai de fer qu'ils achèteront en 2008 aux quelques compagnies minières qui règnent sur la production mondiale.Après ce coup de massue sur l'industrie mère des autres fleurons nippons (automobile, construction navale, outillage industriel...), un autre choc aura lieu dans quelques jours : la hausse du prix du charbon, cet autre composant de l'acier, qui s'envole depuis quelques mois en raison d'inondations ayant paralysé les plus grandes mines de la planète. " Il y a déjà des cargos qui partent avec du charbon acheté 270 dollars la tonne, alors que le prix sur contrat est jusqu'à fin mars à 98 dollars ", s'alarme Jérémie Capron, analyste du secteur pour CLSA. Mercredi matin, le Nikkei révélait que les aciéristes nippons avaient négocié du charbon américain à 3 fois le cours pour assurer leurs réserves.Parallèlement, le pétrole et le gaz naturel continuent de flamber. Les producteurs d'électricité japonais estiment à 3,5 milliards de dollars le montant de la hausse de leurs achats de gaz naturel cette année, indique Bloomberg mercredi. Pour l'archipel, dépourvu de ressources, qui vit hanté par le spectre de la pénurie (le Japon est le premier importateur mondial de charbon, de gaz naturel liquide et de gaz de pétrole liquéfié), ces hausses sont autant de bombes à retardement. Car, à l'exportation, elles réduisent les marges de ces entreprises qui " font " la croissance nippone. Et, à l'intérieur, elles se transforment déjà en inflation.DETTE PUBLIQUE COLOSSALEEn janvier, les prix de gros ont progressé de 3 % au Japon, soit la plus forte hausse depuis 1981. La déflation que la Banque du Japon dit combattre sera probablement terrassée par les flambées des cours des matières premières. Face au spectre de la pénurie, la politique publique du Japon souffre d'amateurisme et de dispersion, ce alors que sa dette publique, colossale, obère désormais ses capacités d'approvisionnement. " Lacompagnie nationale Jogmeg devait contrôler l'ensemble des approvisionnements lorsqu'elle a été créée il y a trente ans ; elle n'en contrôle aujourd'hui que 15 %. Et les producteurs d'électricité, tous régionaux, avancent en ordre dispersé ", regrette un conseiller étranger du Miti.

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