La télémédecine allie fiabilité et économies

La télémédecine est entrée dans l'âge de raison. Car si les freins réglementaires et politiques pèsent encore, les solutions technologiques existent. Elles sont même extrêmement fiables grâce à des liaisons haut débit sécurisées qui fournissent de l'image et du son en haute définition. Les technologies de l'information et de la communication (TIC) appliquées au secteur de la santé sont au c?ur des stratégies innovantes des hôpitaux et des réseaux de soins. Les TIC cumulent en effet deux avantages. Elles facilitent une meilleure prise en charge des patients, du fait de la réactivité des dispositifs qui, s'ils ne remplacent pas la relation directe entre le praticien et le malade, permettent de regrouper virtuellement dans une même pièce différents spécialistes situés dans des unités de soins géographiquement éloignées. La télémédecine contribue aussi à réduire les déplacements de personnes. Les professionnels de la santé attendent désormais un geste politique fort pour généraliser ces solutions.région très étendueLes spécialistes de la visioconférence l'ont bien compris. Ainsi, en plus de ses applications classiques liées au monde des affaires, ils ont développé des solutions propres à la télémédecine. En Midi-Pyrénées, le Réseau télémédecine régional (RTR) connecte 47 établissements de soins et cinq cabinets de médecine générale. Depuis dix ans, plus de 13.000 dossiers de patients ont été traités. « Dans cette région très étendue avec des zones géographiques d'accès parfois difficile, ce réseau constitue un atout pour le rapprochement des acteurs de sant頻, explique le professeur Lareng, président du RTR. Le CHU de Toulouse offre ainsi des services de téléconsultation de médecins référents pour des avis diagnostiques ou thérapeutiques. Ils permettent par exemple le suivi partagé de grossesses à risque avec les maternités ou la consultation de neurochirurgiens par les services d'urgence des hôpitaux de la région. Autre application intéressante, la téléradiologie, notamment à destination des prisons, souvent mal équipées en matériel médical.En Bretagne, une autorisation dérogatoire de l'agence régionale d'hospitalisation a permis l'installation d'un dispositif de télésurveillance de patients en dialyse. « Le médecin basé au CHU de Saint-Brieuc surveille la séance de dialyse qui se déroule à l'hôpital de Lannion, distant de 70 kilomètres. Il peut guider l'infirmier sur un geste médical précis grâce à l'utilisation d'une caméra haute définition », explique le docteur Françoise Leonetti. Le déplacement hebdomadaire des patients de Lannion à Saint-Brieuc est ainsi évité. Une économie financière significative pour eux et une diminution des émissions de gaz à effet de serre?moniteur et webcamAutre enjeu fort : la dématérialisation des dossiers médicaux, qui permettra de gagner en efficacité et de réduire ? puis de supprimer complètement ? les dossiers papier qui encombrent les administrations des hôpitaux. Plusieurs établissements comme l'hôpital d'Arras ou celui d'Annecy ont numérisé la gestion de leurs documents médicaux. Les cliniques privées s'engagent elles aussi sur cette voie. À Tourcoing, la clinique du Val de Lys a équipé toutes ses chambres d'écrans plats fixés sur un bras articulé : ce moniteur unique, doté d'une webcam, fait office de téléviseur, de téléphone et de navigateur Internet. Il est conçu, enfin, pour accueillir le DMP ? le fameux dossier médical personnel, encore en gestation ? qui permettra au médecin ou à l'infirmière de consulter dans la chambre du patient l'ensemble des informations (radios, examens, antécédents) médicales le concernant. n

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