InterfaceFlor prospère en recyclant

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Nous sommes plus rentables que nos concurrents et davantage qu'il y a dix ans. » Le ton est donné. Denys Mettais-Cartier, directeur général Europe d'InterfaceFlor, le leader mondial de sols modulaires, est formel. « Avec la qualité et le design, notre engagement environnemental est l'un des principaux facteurs de développement du chiffre d'affaires et du résultat. »Initiée par le fondateur américain du groupe il y a plus de trente ans, cette politique s'appuie d'abord sur une lutte de chaque instant contre le gaspillage, reposant notamment sur la refonte des modes de production. « Nous avons économisé de la sorte 372 millions de dollars [283 millions d'euros] depuis 1996, de quoi autofinancer notre politique de développement durable, précise Bruno Sevin, directeur marketing pour l'Europe du Sud. C'est un défi technologique et personnel que chaque ingénieur s'est approprié. » Baptisé Mission Zéro, ce programme a également permis une réduction de 82 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L'analyse de cycle de vie (ACV, lire page 2) permet en effet de mesurer l'impact de chaque produit, noté selon un système interne.chutes de moquetteDe façon générale, la fabrication de ce type de sols est une industrie très polluante, qui utilise 90 % de matière première synthétique et produit beaucoup d'effluents. Pour y remédier, InterfaceFlor fait entrer dans sa production de 30 % à 50 % de fibres « postindustrielles », autrement dit les chutes de moquette. Aux états-Unis, on utilise même de la fibre « postconsumer », issue de moquette déjà utilisée. Ce procédé, qui fait son apparition en France, implique de pouvoir séparer la couche de la sous-couche. Les états-Unis sont également en avance sur le recyclage car les produits y sont fabriqués à partir de bitume plutôt que de PVC, plus complexe à recycler. Toutefois, les filiales européennes, alimentées à 100 % en électricité verte, affichent de meilleurs résultats.La qualité du produit nécessitant un pourcentage incompressible de fibres vierges et les processus de recyclage étant très longs à industrialiser, InterfaceFlor établit des partenariats avec des fabricants de fibres, tout comme avec ses clients, « d'autant plus réceptifs qu'ils sont importants, observe Bruno Sevin. Eux-mêmes doivent prouver à leurs propres clients qu'ils choisissent des fournisseurs ?verts? ».La société ne compte pas s'arrêter en si bon chemin : elle ambitionne de réduire son impact sur l'environnement à néant d'ici à 2020. Comment ? En misant sur la rationalisation de sa logistique, en cours en Europe depuis deux ans. Et, surtout, en jouant sur le développement de ses capacités industrielles de recyclage, sur un recours accru aux fibres végétales, ou encore sur l'utilisation de déchets issus d'autres secteurs (tels que les bouteilles en verre). En compensant enfin les émissions incompressibles via son partenariat avec Climate Care, en vigueur depuis 2005 pour les dalles textiles et récemment étendu à sa gamme de planchers surélevés Intercell.

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