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Publié le 13 décembre 2008 à 00:27 - Mis à jour le 13 décembre 2008 à 00:27

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Le candidat Obama se voulait ambitieux en matière énergétique. Qu'en sera-t-il du président, qui doit désormais composer avec une récession économique, une hausse du chômage, la quasi-faillite du secteur automobile, et les espoirs suscités en matière d'environnement. Le plan Obama-Biden est audacieux, sinon utopique, combinant dans un cercle vertueux une indépendance énergétique accrue, une politique environnementale exemplaire et la création d'emplois locaux « verts ». « Nous devons agir rapidement et résolument pour transformer toute notre économie, de nos voitures et nos carburants jusqu'à nos usines et nos bâtiments », est-il affirmé. Voyons quelques points. Aujourd'hui, le pays est le premier consommateur mondial de pétrole avec 20 millions de barils par jour (mbj) (23 % des besoins mondiaux), dont 62 % (12,4 mbj) sont importés. Obama veut se passer dans les dix prochaines années du brut provenant du Vénézuela et du Proche-Orient, soit en cumul un peu moins de 3 mbj (24 % des importations). Cet effort colossal (réduction des besoins énergétiques de 15 %) sera réalisé en mettant en circulation 1 million de voitures hybrides ? modèles qui devront parcourir 150 miles par gallon, soit 1,5 litre aux 100 km ? d'ici 2015. Ces automobiles, assure l'ex-sénateur de l'Illinois, devront être assemblées aux États-Unis. À l'heure où les constructeurs tels GM sont au bord de la faillite, le propos peut paraître déplacé. Mais l'État pourrait conditionner ses aides ? 4 milliards de dollars dans le programme, mais en réalité il en faudra davantage ? à une orientation « verte ». Plus généralement, le plan en faveur des technologies propres non seulement dans l'automobile mais dans l'ensemble de l'industrie est estimé par le programme à 150 milliards de dollars sur 10 ans, avec un effort particulier porté sur la recherche et le développement (R&D). Il aurait la vertu de créer en retour 5 millions de nouveaux emplois « verts ». Cependant, il faudra retrancher les emplois détruits dans la « vieille » économie. En retour, le consommateur sera incité à acheter une voiture hybride « made in USA », par un crédit d'impôt de 7.000 dollars, qui utilisera des biocarburants de deuxième génération (déchets végétaux, forestiers?). Or la mise en production industrielle de ces carburants nécessitera selon les spécialistes encore quelques années. Et l'éthanol américain, fortement subventionné, cher à George W. Bush, a montré ses limites en poussant les prix du maïs à des niveaux historiques. Autre objectif ambitieux?: 10 % de l'électricité produite aux États-Unis devra être fournie par des sources d'énergies renouvelables en 2012, et 25 % en 2025, ce qui nécessitera là aussi d'importantes aides de l'État, directes ou fiscales. Dans le même temps, les espoirs sont mis sur le charbon, dont le pays est le deuxième producteur mondial derrière la Chine, à condition que la capture et la séquestration du CO2 en sous-sol soient maîtrisées, une technique qui est encore loin d'être opérationnelle.Quant aux compagnies pétrolières, elles devraient vite comprendre qu'on a changé d'administration. À court terme, elles verraient leurs bénéfices taxés pour être redistribués aux familles américaines les plus pauvres pour qu'elles n'aient pas à devoir choisir « entre manger et se chauffer ». En outre, elles pourraient se voir imposer un ultimatum pour relancer la prospection sur les terres qui leur sont allouées (27,5 millions d'hectares et plus de 16 millions d'hectares en offshore), sous peine de retrait. Le programme estime par ailleurs que les champs américains pourraient fournir encore 85 milliards de barils grâce aux nouvelles technologies d'extraction. Le nucléaire est loué pour ses faibles rejets de CO2, mais le programme reste vague en raison de la sécurité? mais aussi pour convaincre durant la campagne une opinion rétive. Au final, si Obama applique un tel programme, on assistera à une intervention massive et volontariste de l'État, avec un coût élevé pour le contribuable. La seule réelle initiative confiée directement au marché sera celle des échanges de CO2, l'État fédéral allouant les quotas initiaux intégralement aux enchères pour pousser les industriels à adopter des technologies moins polluantes. Le but est de faire revenir le niveau de ces émissions en 2020 à celui de 1990.Habituellement, les programmes de campagne résistent mal à l'épreuve du pouvoir et de ses contraintes, mais ils donnent une orientation. Celle d'Obama, en totale rupture avec celle de Bush, place l'environnement et l'énergie au c?ur d'une économie intégrant le nouveau paradigme de l'écologie censé s'imposer à la planète. Avec un objectif, redonner le leadership mondial aux États-Unis grâce à l'avance technologique. nPoint de vue Robert Jules Journaliste, La Tribune

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