Le Parti socialiste se cherche

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oppositionDès le 22 septembre, Martine Aubry va prendre la route. Première étape : Angoulême, qui sera suivie de neuf autres villes d'ici à la fin de l'année. La première secrétaire du Parti socialiste a décidé d'« aller à la rencontre des Français » pour écouter leurs aspirations avant que le PS commence la rédaction de son projet politique pour 2012. « L'antisarkozysme ne fait pas un projet politique », a-t-elle reconnu, ce week-end, lors de l'université d'été du PS à La Rochelle. « Il ne suffit pas d'avoir quatre mesures emblématiques, il faut proposer un autre système. »Si, à La Rochelle, Martine Aubry a lancé la rénovation du parti qui doit aboutir mi-2011 à des primaires ouvertes pour la désignation du candidat à la présidentielle, elle a aussi donné le départ des réflexions sur le nouveau projet politique des socialistes. « Il s'agit d'élaborer ensemble notre ?new deal? pour le monde d'après », a-t-elle lancé en conclusion de l'université d'été.Pierre Moscovici, l'ancien ministre des Affaires européennes de Lionel Jospin, aujourd'hui député du Doubs, est chargé de mener à bien ce travail. Ce proche de DSK envisage de consulter cet automne les militants, mais aussi les Français qui le souhaitent, avant d'élaborer un texte qui devrait être soumis aux socialistes début 2010 lors d'une convention spéciale.Des pistesMais avant même le début de ce processus, Martine Aubry a donné quelques pistes à La Rochelle. « L'État a son rôle à jouer pour retrouver une politique industrielle qui manque tant à la France. » Elle prône donc la création d'« un pôle public d'investissement industriel, mobilisable sous forme de fonds régionaux massivement abondés ». La première secrétaire réclame également « la présence des salariés dans les conseils d'administration ou dans les comités de rémunération ». De même, elle a défendu la mise en place d'une « sécurité sociale professionnelle ». En matière environnementale, tout en critiquant la taxe carbone gouvernementale, elle suggère un « grand plan de transports-carbone zéro ».Pour l'immédiat, Aubry réclame des « mesures d'urgence » pour faire face à la crise, mais sans dire comment les financer : remboursement de 200 euros de TVA pour 16 millions de ménages modestes, maintien des allocations familiales pour les plus de 20 ans, création de 150.000 emplois-jeunes dans l'économie verte et les services à la personne, contrôle des fonds publics accordés aux banques, interdiction des parachutes dorés et limitation des bonus, mise sous tutelle des entreprises bénéficiaires qui licencient. Des propositions finalement très « gauche plurielle » version 1997? Entre les tenants des solutions sociales-démocrates classiques et les plus radicaux, la mise au point du projet du PS s'annonce donc sportive. Patrick Coquidé

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