La Corée du Sud propose un plan anticrise au Japon et à la Chine

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Au lendemain du sommet du G4 réuni à l'initiative de Paris et de l'adoption par la Chambre des représentants américains d'un plan de 700 milliards pour voler au secours des banques, l'Asie tente à son tour de réagir en bon ordre au risque de contagion de la tornade financière. Hier Séoul a appelé ses deux puissants voisins, la Chine et le Japon, à tenir un sommet sur la question et à accélérer la constitution d'un " fonds monétaire asiatique " permettant de secourir les pays qui seraient déstabilisés par la crise.Le projet de fonds est en gestation lente depuis quelques années et n'existe aujourd'hui qu'à l'état embryonnaire. Mais dans le contexte de panique actuelle sur les marchés des pays occidentaux, la Corée ne veut pas en rester là.C'est en 2000 que les dix pays de l'Asean, auxquels se sont joints le Japon, la Chine et la Corée, ont mis en place un système d'entraide monétaire sous la forme d'accords bilatéraux de devises afin de procurer des liquidités à un pays dont la monnaie serait attaquée. Le souvenir de la crise de 1997, à laquelle les pays d'Asie n'avaient su réagir de manière concertée, était alors frais dans les mémoires. Au printemps 2007, ce même groupe d'États a annoncé un projet plus ambitieux de création d'un fonds, c'est-à-dire de mise en commun de ressources (80 milliards de dollars), sur le modèle du Fonds monétaire international (FMI). Mais les modalités d'utilisation de ce dispositif n'ont toujours pas été clarifiées." Il n'est pas étonnant que la Corée du Sud se mobilise ", souligne Sopanha Sa, économiste à la Société Générale. " Elle est le pays d'Asie qui subit l'impact de la crise le plus important ", poursuit-elle. Hier, le ministre des Finances sud-coréen, Kang Man-Soo, a admis que les institutions financières de son pays ont du mal à se procurer des devises étrangères. Il a réitéré la promesse gouvernementale, formulée dimanche, d'assurer aux banques l'accès aux réserves de changes du pays. " La situation économique coréenne n'est pas très brillante, les ménages sont très endettés ", souligne François Faure, responsable adjoint risque pays à BNP Paribas. La dette des ménages représente 82 % du PIB et le pays a déjà dépensé 25 milliards de dollars depuis mars pour soutenir sa monnaie, le won, en recul de 26 % depuis décembre.DES CRAINTES PARTAGEESAu-delà, les gouvernements japonais, chinois et coréen craignent pour leurs réserves de changes. Celles-ci, gérées aujourd'hui de manière séparée par chacun des trois pays, sont investies essentiellement en bons du Trésor étrangers, surtout américains. Et une chute prononcée du dollar les ferait dangereusement fondre.Il n'en reste pas moins qu'à Tokyo l'idée d'un fonds asiatique ne rencontre que peu d'échos. " Ce n'est pas une idée nouvelle. Elle conduirait nos pays à échapper au contrôle du FMI ", critique-t-on à la Banque du Japon (BOJ). Sans toujours l'avouer, le Japon, pays le plus riche de la région, ne souhaite pas devoir un jour payer les pots cassés par ses voisins communistes (Chine, Vietnam). Lundi prochain à Washington, les ministres adjoints des Finances des trois poids lourds d'Asie se rencontreront en marge de l'assemblée générale du FMI pour rediscuter de ces questions, à la demande de Séoul.

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