Les Européens unis en apparence

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Unis dans la diversité?! La devise de la défunte Constitution européenne aurait pu être celle de la réunion spéciale des chefs d'État et de gouvernement de l'Union convoqués hier à Bruxelles pour préparer le sommet de la « refondation du capitalisme financier », le 15 novembre à Washington. Unis sur les grandes orientations, mais divisés sur les moyens concrets pour atteindre les objectifs. « Quelles que soient les différences autour de la table », a reconnu le président en exercice du Conseil européen, Nicolas Sarkozy, l'important était, à ce jour, de définir « une stratégie commune des Européens » avant le sommet de Washington. Ce fut effectivement chose faite. « Le sommet international du 15 novembre doit être l'événement fondateur de la réforme du système financier international », observe un document agréé hier par les Vingt-Sept. Et fixe 5 orientations qui « pourraient être adoptées dès le 15 novembre ». Il s'agit de soumettre les agences de notation à un enregistrement et à la surveillance, arrêter le principe d'une convergence des normes comptables, décider qu'aucun segment de marché, aucun territoire, aucune institution financière n'échappe à une régulation, mettre en place un code de conduite pour éviter les prises de risque excessives, ainsi que de confier au FMI (Fonds monétaire international) « la responsabilité première », avec le FSF (Forum de stabilité financière), de recommander les mesures nécessaires pour restaurer la confiance et la stabilité. La présidence française de l'Union avait souhaité que le contrôle des fonds spéculatifs figure également dans le texte mais l'a retiré en raison de l'opposition de plusieurs délégations. Idem pour le rôle « pivot » du FMI dans la future architecture financière internationale. La France plaide pour une responsabilité accrue de l'institution dirigée par Dominique Strauss-Kahn. Mais les Britanniques, notamment, préfèrent la prééminence du FSF. Toutefois, les Vingt-Sept se sont mis d'accord pour demander que « le sommet de Washington puisse fixer une méthode de travail » permettant de marquer des progrès sous 100 jours. À l'issue de cette période, l'Union propose la réunion d'un nouveau sommet du G20 regroupant les 8 grandes puissances mondiales, l'Union européenne et 11 pays émergents. Quant à la composition de la délégation européenne pour le sommet du 15 novembre, Nicolas Sarkozy a indiqué que l'Espagne, « 8e économie du monde », y participerait. Il est vrai, une place était à prendre, puisque la France, membre du G8, représente aussi l'Union européenne. Mais Angela Merkel souhaitait que cette place soit occupée par Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Réponse implacable de Nicolas Sarkozy?: l'Eurogroupe réunit les ministres des Finances. Pour une participation du président de l'Eurogroupe à un sommet international au niveau des chefs d'État et de gouvernement, il faudrait institutionnaliser des réunions de l'Eurogroupe à ce niveau. Ce que rejette l'Allemagne, y décelant l'amorce d'un gouvernement économique qui ferait contrepoids à la BCE (Banque centrale européenne).Enfin, face à l'aggravation de la crise économique, les dirigeants européens ont demandé à la Commission de Bruxelles de présenter à leur prochaine réunion de la mi-décembre des « mesures concrètes » pour « préserver la croissance et l'emploi ».Marc Deger, à Bruxelles

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