La recherche agronomique se regroupe

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Encore un projet qui suscite l'inquiétude chez les chercheurs. Six grands établissements de recherche et d'enseignement agronomiques et vétérinaires vont créer un « consortium national pour l'agriculture, l'alimentation, la santé animale et l'environnement ». Ce consortium prendra la forme d'un établissement public de coopération scientifique (EPCS). L'Inra (Institut national de recherche agronomique), le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), AgroCampus Ouest, Montpellier SupAgro et l'École nationale vétérinaire de Toulouse ont déjà donné leur aval. Le conseil d'administration d'AgroParisTech doit se prononcer le 15 avril. Ce consortium sera ouvert à d'autres partenaires.Pour Marion Guillou, PDG de l'Inra, ce rapprochement répond à des exigences mondiale, nationale et régionale : en plein Grenelle de l'environnement et alors que la FAO plaide pour un nouveau sommet mondial de l'alimentation, « des changements radicaux s'imposent dans les thématiques qui sont les nôtres. En parallèle s'amorcent le décloisonnement des organismes publics de recherche à l'échelle nationale et l'accompagnement des pôles de recherche et d'enseignement supérieur [Pres] au niveau régional ». L'idée est donc de créer un continuum entre formation et recherche ainsi qu'entre recherches académique et appliquée. « Face aux enjeux Nord-Sud et à certains défis, nous avons besoin de travailler en interorganismes », explique Marion Guillou, pour qui l'Inra doit s'employer à conforter son premier rang européen et sa deuxième place mondiale en recherche agronomique tout en conservant son identité régionale (20 centres en région). « Pour changer les systèmes agricoles, il faut augmenter la pression et rendre le plus efficace possible la chaîne d'innovation », insiste Marion Guillou.démantèlementPlus largement, ce regroupement s'inscrit dans le mouvement insufflé par le gouvernement qui souhaite voir les grandes thématiques coordonnées au niveau national par des agences de moyens. D'où les projets en cours de grand institut en sciences de la vie piloté par l'Inserm (recherche médicale) ou en informatique sous la houlette de l'Inria. Les syndicats de chercheurs craignent un démantèlement à terme du CNRS, premier organisme pluridisciplinaire, et un « glissement vers une orientation appliquée ». Ils ont d'ailleurs tenté la semaine dernière de bloquer le conseil d'administration de l'Inra avalisant ce consortium. Pour Marion Guillou, la question se pose autrement pour l'Inra : ses nombreux outils expérimentaux garantissent le maintien de sa recherche opérationnelle. Quant au fait de privilégier la recherche appliquée, « nous avons eu un débat en 2004, mais cette orientation est désormais mieux assumée du fait de nos thématiques » (agriculture, santé animale).

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