Le budget de Pôle emploi suscite des tensions

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ocialLe conseil d'administration de Pôle emploi qui se tient ce matin s'annonce intéressant et un peu tendu. Pour plusieurs raisons. C'est le premier conseil qui se tient après six mois de fonctionnement, il se tiendra au Cinetic, nouveau siège de Pôle emploi situé à la porte des Lilas? et c'est le dernier avant les vacances d'été. Surtout, c'est l'occasion pour Laurent Wauquiez, le secrétaire d'État à l'Emploi qui a rencontré hier les directeurs régionaux de Pôle emploi en compagnie de leur directeur général, Christian Charpy, de venir clôturer les échanges et de donner les grandes lignes pour l'institution à la rentrée. « C'est plutôt bien, dès lors qu'il n'y a pas de substitution de rôle », estime Dominique-Jean Chertier, président de l'Unedic.Cette réunion sera aussi l'occasion de retoiletter le budget prévisionnel de l'institution pour l'année 2009. « Depuis l'approbation du budget 2009 par le conseil d'administration du 19 décembre 2008, plusieurs événements ont impacté la prévision budgétaire de manière significative », précise le document de travail que « La Tribune » s'est procuré. Il prévoit que le budget prévisionnel alimenté par une contribution de l'État (1,3 milliard d'euros) et par 10 % du montant des cotisations d'assurance chômage (soit 3 milliards d'euros) sera révisé à la hausse pour tenir compte notamment des mesures anticrise prises par l'État.« Surfinancement »Mais certains partenaires sociaux, qui siègent également au conseil d'administration de l'Unedic s'interrogent et parlent même de « surfinancement au départ de Pôle emploi ». L'Unedic, qui va lancer un grand emprunt (12 milliards d'euros et 3 milliards au titre des billets de trésorerie) pour couvrir ses besoins de trésorerie, est contrainte de verser à Pôle emploi des sommes importantes, alors que ce dernier est en « sous-exécution budgétaire », commente un membre du conseil. Et celui-ci d'indiquer que Pôle emploi n'aurait pas consommé plus de 20 % des dépenses d'intervention (formation, sous-traitance à des opérateurs privés, etc.), réalisées à fin mai, et seulement 30 % de ses dépenses de fonctionnement. Pour Alain Lecanu, vice-président CFE-CGC de Pôle emploi, « certains points sont à clarifier et à optimiser ». Il souhaite en effet qu'on mette davantage l'accent sur les formations des demandeurs d'emploi. Un souhait que partage Dominique-Jean Chertier. Celui-ci tient toutefois à rappeler qu'on « ne peut pas extrapoler sur toute l'année les dépenses des premiers mois, où l'on est allé au plus urgent, notamment l'inscription et l'indemnisation des demandeurs d'emploi ». En clair, maintenant que Pôle emploi a atteint sa vitesse de croisière, les dépenses s'accéléreraient. Isabelle Moreau

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