Alimentaire : les prix plombent le porte-monnaie des ménages
La Tribune
La Tribune
Les Français seraient-ils en train de mettre le holà dans la relation quasi amoureuse qu'ils entretiennent avec la nourriture ? En tout cas, ils la tiennent désormais pour première responsable du trou de plus en plus béant de leur portefeuille. Selon l'étude Deloitte, ils sont trois sur quatre (contre six sur dix pour les Européens) à déclarer qu'ils vont réduire leurs dépenses de fin d'année du fait des hausses de prix constatées dans l'alimentaire, qui ont grignoté leur pouvoir d'achat.En comparaison, la hausse des coûts de l'énergie (même si le pétrole est de nouveau à la baisse) n'est citée que par moins d'une personne sur deux dans les principales raisons de dépenser moins pour les fêtes, ex aequo avec un niveau de revenu plus bas, et loin devant le coût de la voiture, du logement ou la baisse des actions en Bourse suite à la crise financière. Ce qui va les amener à « autocontrôler » leurs dépenses. Ainsi, les Français « seront beaucoup plus nombreux à préparer un budget pour les fêtes : un Français sur deux, contre un sur trois en 2007 », expliquent les auteurs de l'étude. Fini donc les achats d'impulsion sur les produits chers comme le foie gras, le champagne, le saumon ou autres chapons? à contrario, les consommateurs vont tenter de dépenser « utile » tout en tirant partie des promotions pour optimiser leurs dépenses. « Acheter utile sera le facteur d'achat déculpabilisant tandis que bénéficier d'une bonne promotion contribuera à tenir le budget d'achat », confirme Deloitte. Les consommateurs vont également passer beaucoup plus de temps pour dénicher les bonnes affaires en comparant les prix? avant de trouver le magasin de leur choix pour acheter. Notamment grâce à Internet.C'est dire si la hausse des prix des produits laitiers, de la viande ou des coquillettes pèse sur leur moral ! D'ailleurs, selon une autre étude Ipsos pour Syndifrais (le syndicat des produits laitiers frais), 82 % de nos compatriotes déclarent qu'il est de plus en plus difficile de se nourrir de façon saine et équilibrée. Et ceci les préoccupe d'autant plus que l'alimentation équilibrée est considérée comme la première des conditions pour être en bonne santé par une majorité de 55 % d'entre eux, loin devant le sommeil, l'exercice physique ou l'absence de stress.Bilan des courses : l'alimentation à Noël ne sera pas synonyme de débauche ou même de petites folies mais de budget organisé à défaut d'être vraiment serré. Dans l'étude Deloitte, 44 % des personnes interrogées déclarent qu'elles achèteront tout simplement moins de nourriture en 2008 (alors qu'elles n'étaient que 22 % en 2007 à anticiper une telle baisse).préférence pour la grande distribution Et même si la recherche de produits de qualité est encore très présente dans les déclarations, les Français seront tout de même moins regardants dans leur choix de magasin. Les petits traiteurs de quartier et autres charcuteries de grand-mère ont donc du souci à se faire. Seuls 24 % des interviewés les citent comme premier ou second choix dans leur circuit de courses, contre 29 % l'année dernière. À l'inverse, les hard discounters font une belle percée, à 30 % de premier et second choix, contre 15?% l'année dernière. Les hypermarchés et supermarchés restant les grands gagnants (à respectivement 82 % et 47 %).Mais, à l'intérieur de ces deux derniers circuits, les marques de distributeur (MDD) n'auront plus à rougir face aux grandes marques nationales. Depuis le début de l'année, les premières ne cessent de grignoter des parts de marché aux secondes. Et ce d'autant plus que les MDD ne se contentent plus d'être des « me too », imitations plus ou moins grossières des Danone, Fleury Michon et autres. Selon une étude du cabinet XTC pour le dernier Salon international de l'agroalimentaire, elles sont même responsables de près de 22 % des innovations en Europe. Les petits macarons Monoprix Gourmet, l'huile d'olive Dia ou la pâte feuilletée biologique de Carrefour auront donc toute leur place sur les tables de fête. Mais que ces produits ne profitent pas de ce nouvel engouement pour augmenter trop leurs prix. Car les Français pourraient bien finir par réellement se fâcher contre leur gastronomie adorée. les Français seront moins regardants sur le choix des magasins pour effectuer leurs courses de Noël. Les petits traiteurs de quartier et autres charcuteries de grand-mère ont du souci à se faire. Le hard-discount fait une belle percée, mais les hypermarchés restent le réseau de référence.
La Tribune
JO 2030 : « Nous allons continuer à bâtir et à investir », promet Éric Ciotti
Cadmium : diminuer la teneur des engrais n'aura d'effet sur les récoltes « qu’après plusieurs décennies »
Guerre au Moyen-Orient : les économies émergentes souffrent mais devraient résister en 2026
🔴 Économie de la zone euro, Sophie Binet réélue à la CGT, pétrole… L'essentiel de l'actualité ce vendredi 5 juin