La Banque centrale européenne condamnée à frapper fort

La Banque centrale européenne n'a plus aucune excuse pour ne pas franchir le pas d'un nouveau desserrement monétaire qui ferait tomber son taux directeur à son plus bas niveau historique début mars. D'ailleurs, la multiplication des prises de position de ses « sages » dans ce sens, tout au long de la semaine, a levé les dernières incertitudes qui subsistaient. À commencer par celle de l'Allemand Jürgen Stark, faucon d'entre les faucons, assurant qu'il y avait « à coup sûr » place pour une baisse des taux. Le 5 mars, la BCE devrait donc ramener son principal taux directeur de 2 % à 1,5 %, une marge de détente supplémentaire d'un demi-point restant ouverte pour bon nombre de spécialistes. Tout au long de la semaine, les nouvelles confirmant que la zone euro s'enfonçait dans une récession très sévère se sont accumulées.Le coup de grâce a été porté vendredi par la publication du PIB de la zone euro par l'office des statistiques Eurostat. Verdict : un recul de 1,5 % au quatrième trimestre et de 1,2 % sur l'ensemble de 2008, après ? 0,2 % au deuxième puis au troisième trimestre. La contre-performance de l'Allemagne, le poids lourd de la zone, très dépendante des exportations, est impressionnante : son produit intérieur brut s'est contracté de 2,1 % au cours des trois derniers mois de 2008.Avis de tempêteCe nouvel avis de tempête a pesé sur la tenue de l'euro, qui menaçait vendredi de crever le seuil de 1,28 dollar et qui semble condamné à se diriger vers son point bas récent, atteint à la mi-novembre, juste au-dessus de 1,23. Mais il a aussi renforcé l'aversion au risque crédit partout en Europe et même en Allemagne, dont la prestigieuse note AAA n'est pourtant pas menacée. Le coût de l'assurance contre le défaut de paiement, mesuré par le « credit default swap » (CDS) de la dette de l'Irlande, de l'Espagne et de la France a atteint des niveaux historiquement élevés vendredi, à respectivement 355, 152 et 74,5 points de base. Tout comme en République fédérale où le CDS de la dette a touché un plafond de 67 à la veille du week-end, selon les chiffres de CMA Datavision qui font référence, au surlendemain d'une nouvelle adjudication houleuse d'obligations à 10 ans. Pour la deuxième fois cette année, la demande pour les bunds offerts a été inférieure de 20 % à l'offre de 7,7 milliards d'euros du Trésor allemand. Avec la multiplication par trois de leurs besoins d'emprunts, les États de la zone euro, mais aussi de la Grande-Bretagne, des États-Unis ou du Japon vont a avoir de plus en plus de difficultés à se financer. Du grain à moudre pour les grands argentiers du G7 qui se réunissent ce week-end. nIsabelle Croizard

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